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Cdiscount, Allociné et Vanity Fair collectent vos données même si vous refusez

Cdiscount, Allociné et Vanity Fair sont accusés par l’ONG Noyb de collecter les données des internautes même lorsqu’ils n’y consentent pas. Une plainte a été déposée auprès de la CNIL, puisqu’il s’agit d’une grave infraction au RGPD…

Depuis l’adoption du RGPD par l’Union européenne en mai 2018, tous les sites web affichant des publicités ont pour obligation de vous demander l’autorisation d’utiliser des cookies. Vous l’avez certainement remarqué, puisque le message qui apparaît désormais chaque fois que l’on ouvre une page web peut se révéler un tantinet envahissant…

Pour rappel, les cookies sont des fichiers capables d’enregistrer des données à votre sujet et sur votre utilisation du web. Les données peuvent ensuite être utilisées pour vous proposer des publicités  » ciblées  » personnalisées.

Le ciblage publicitaire en lui-même n’est pas forcément un mal. Il peut permettre de profiter de recommandations de produits qui vous intéressent réellement, nettement plus intéressantes que les pubs non ciblées. Cependant, beaucoup d’internautes préfèrent éviter de fournir leurs données personnelles à des entreprises.

C’est la raison pour laquelle, même si les demandes de consentement pour les cookies sont agaçantes, il est souhaitable que les sites web demandent notre permission avant de procéder à la moisson de nos données. Du moins, à condition que les refus soient pris en compte

En menant sa petite enquête à l’aide de l’outil  » Cookie Glasses  » développé par les chercheurs de l’institut français Inria, l’ONG européenne Noyb a découvert que certains sites web français font tout simplement fi de l’avis des internautes. Les trois sites concernés sont Cdiscount, Allociné et Vanity Fair.

Sur ces trois plateformes, les données des visiteurs sont collectées même s’ils refusent les cookies en ouvrant la page d’accueil. Ainsi, malgré le non-consentement clairement exprimé par les internautes concernés, les trois sites web bien connus des Français auraient vendu les informations à des sociétés tierces spécialisées dans le traçage publicitaire. Au total, Allociné aurait autorisé 565 sociétés de traçage publicitaire par utilisateur, Cdiscount à 431 et Vanity Fair à 375.

Cdiscount, Allociné et Vanity Fair risquent une amende RGPD suite à une plainte à la CNIL

Suite à cette funeste découverte, Noyb a donc décidé de porter plainte contre les trois sites web auprès de la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) : le gendarme français des données personnelles. La plainte vise également les multiples sociétés tierces qui ont acheté les données afin de les utiliser pour le ciblage publicitaire. Parmi elles, on compte notamment Facebook, AppNexus et PubMatic.

Dans son communiqué, Noyb rappelle les règles fixées par le RGPD : « Chaque utilisateur doit recevoir une information claire sur l’implantation de cookies sur son appareil, et chaque responsable du traitement  des cookies doit s’assurer du respect du choix de l’utilisateur, notamment en cas de refus. »

La CNIL pourrait donc bel et bien prononcer une sanction lourde à l’égard des sites web et des sociétés de traçage si l’infraction au règlement est avérée. Rappelons que l’amende peut s’élever à 20 000 000 d’euros ou 4% du chiffre d’affaires de l’entreprise, si le montant est supérieur.

Pour l’heure, les trois sites refusent d’admettre avoir trompé leurs visiteurs. Interrogé par Le Monde, Cdiscount déclare qu’il s’agit d’un incident lié à un « un dysfonctionnement rencontré sur l’outil de consentement ». Une enquête sera nécessaire pour savoir ce qu’il en est vraiment…