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Covid-19 : le Big Data révèle les commerces les plus dangereux

En se basant sur les données de smartphones de 98 millions d’Américains, des chercheurs ont créé un modèle prédictif. Celui-ci permet d’identifier quels sont les lieux et commerces où le risque de contamination COVID-19 est le plus élevé…

Afin d’endiguer la propagation du COVID-19, nous sommes tous confinés pour la seconde fois en un an. Nous portons tous des masques dans les rues, et le gouvernement recommande même de les mettre à la maison.

Malheureusement, malgré toutes ces précautions, le virus circule toujours et de nombreuses personnes attrapent la maladie COVID-19. Pour cause, en dépit du confinement, plusieurs interactions  » essentielles  » continuent.

Les enfants vont à l’école, leurs parents travaillent, et nous continuons à fréquenter les commerces restés ouverts. Toutefois, le virus circule davantage dans certains lieux que d’autres. Pour éviter d’être contaminé, il est donc important de savoir quels sont les commerces et endroits les plus à risque.

Covid-19 : les salles de sport, restaurants et lieux de culte sont les lieux les plus risqués

covid 19 restaurant

Pour le savoir, les chercheurs des universités américaines de Stanford et Northwestern ont créé un modèle à partir de données de smartphones anonymisées retraçant les déplacements de 98 millions d’Américains en provenance de 57 000 quartiers entre le 1er mars et le 2 mai 2020.

À partir de ces données, l’équipe de chercheurs a modélisé le nombre d’infections survenant heure par heure dans 553 000 lieux. Ces différents endroits ont ensuite été regroupés en 20 catégories distinctes, en fonction de leur utilité et de leur superficie.

Le modèle suggère que la majorité des contaminations ont lieu dans les salles de sport, les restaurants, les cafés, les hôtels, et les lieux de culte. Pour cause, ces endroits accueillent une forte densité de personnes et les clients y restent plus longtemps qu’ailleurs.

Ainsi, la majorité des nouvelles infections provient d’un petit nombre de ces lieux  » super-propagateurs « . Par exemple, 10% des commerces de Chicago sont responsables de 85% des contaminations.

Les quartiers pauvres sont largement plus menacés par le virus

covid quartier pauvre

En parallèle, le modèle démontre aussi que les groupes ethniques et socioéconomiques désavantagés sont sujets à un taux de contamination plus élevé. Les données révèlent que les individus de ces groupes réduisent moins leurs déplacements que les autres pendant le confinement.

Selon les chercheurs, l’explication pourrait être que ces individus exercent souvent des activités essentielles. Une lecture plus pessimiste pourrait être que beaucoup d’individus de ces groupes tendent à ne pas respecter la loi. Cependant, les données ne permettent pas d’interprétation précise de ce phénomène.

Quoi qu’il en soit, là encore, dans ces zones désavantagées, les contaminations surviennent principalement dans quelques lieux spécifiques tels que les restaurants. La densité de clients et le temps passé sur place, les deux principaux facteurs de contamination, y sont plus importants que dans les zones favorisées.

Par exemple, dans les supermarchés de quartiers pauvres, le nombre de personnes par mètre carré est 59% plus élevé et ces personnes restent 17% plus longtemps en moyenne que dans les quartiers les plus aisés.

En conséquence, le risque d’infection pour un individu pauvre dans un supermarché de son quartier est quasiment deux fois plus élevé que pour un individu de classe supérieure. Nous ne sommes donc pas tous égaux face au virus, et ce phénomène tend à se confirmer en France où les banlieues pauvres d’Île-de-France sont également plus touchées que le reste du pays…

Enfin une alternative au confinement généralisé

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Les simulations réalisées par les chercheurs ont permis de prédire avec précision le nombre de contaminations dans 10 des plus grandes villes américaines, dont Chicago, New York City et San Francisco. Ceci confirme sa pertinence.

À présent, ce modèle pourrait servir d’outil pour élaborer une alternative au confinement plus subtile, mieux ciblée, basée sur les données. Il suggère qu’il serait plus efficace de limiter le nombre de clients admis dans les commerces que de réduire la liberté de mouvement de chacun de manière uniforme.

Ainsi, restreindre la limite d’accueil d’un lieu à 20% de sa capacité maximum réduit le nombre de nouvelles infections de plus de 80%. Les clients réagiront en étalant davantage leurs visites sur la journée, et le nombre total de visites sera donc réduit de seulement 42%. L’impact sera donc moindre pour les commerçants.

Comme le soulignent les chercheurs, les gouvernements vont pouvoir s’appuyer sur cet outil pour moduler le niveau des restrictions à chaque type de commerce en fonction du risque qu’il représente. Un confinement total n’est donc plus nécessaire… à moins que les gouvernements n’y trouvent un autre intérêt !

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