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Une cyberattaque neutralise les stations essences en Iran

Une cyberattaque a neutralisé les stations essence de l’Iran, reposant sur un système électronique connecté à internet. On ignore si cette attaque est l’oeuvre d’une puissance étrangère ou de citoyens en colère…

En Iran, de nombreux citoyens utilisent des cartes électroniques distribuées par le gouvernement pour acheter de l’essence subventionnée dans les stations. Toutefois, le mardi 26 octobre 2021, les automobilistes venus faire le plein ont eu une drôle de surprise.

En insérant leurs cartes dans la pompe à essence, ils ont vu un message s’afficher à l’écran :  » Cyberattack 64411 « . Ces chiffres sont une référence à la ligne téléphonique du bureau du Leader Suprême Ayatollah Ali Khamenei.

Le président Ebrahim Raisi a confirmé qu’une cyberattaque avait neutralisé les stations essence du pays, provoquant de longues files d’attente de citoyens désemparés.

La situation était partiellement revenue à la normale le mardi soir, avec près de la moitié des stations essence rétablies par l’activation des réglages manuels. Le reste des stations ont été réactivées le lendemain.

Pour l’heure, personne n’a revendiqué cette attaque et le gouvernement iranien n’accuse personne. Il n’y a manifestement pas suffisamment de données techniques pour prouver qui se cache derrière l’offensive.

Une cyberattaque menée par Israël ou les États-Unis ?

Aux dires du président, cet incident démontre le besoin d’une  » préparation pour la cyberguerre « . Cette déclaration suggère que forces étrangères anti-iraniennes seraient à l’origine de l’assaut.

Par le passé, l’Iran a accusé Israël et les États-Unis pour de précédentes cyberattaques. En avril 2021, le pays tenait Israël responsable d’une attaque sur le complexe nucléaire souterrain de Natanz, endommageant des centrifugeuses utilisées pour enrichir l’uranium.

Plus tôt, en 2019, l’administration Trump était accusée d’une campagne de cyberattaque contre l’Iran suite aux attaques menées contre les infrastructures pétrolières de l’Arabie Saoudite. Ces efforts avaient toutefois été qualifiés d’échecs par l’Iran.

De son côté, l’Iran est accusé par les États-Unis et d’autres pays occidentaux de tenter de pirater leurs réseaux. Ce pays du Moyen-Orient est en effet réputé pour son armée de hackers d’élite capable de faire trembler les plus grandes puissances. S’agit-il de représailles ?

La colère d’un peuple expert en cybercrime ?

Toutefois, cette cyberattaque contre les stations essence pourrait aussi être l’expression d’une colère du peuple iranien à l’égard du gouvernement. L’incident survient quelques semaines avant le second anniversaire des manifestations meurtrières de novembre 2019 contre la flambée des prix du carburant.

De plus, sur les réseaux sociaux, des vidéos présentent des panneaux de signalisation piratés pour afficher le message  » Khamenei, où est notre essence ? « . Une information confirmée par l’agence de presse semi-officielle Mehr. De son côté, le gouvernement affirme que les rumeurs sur la hausse des prix du carburant sont fausses…

Les sanctions internationales et l’isolation politique de l’Iran l’ont fragilisé face aux menaces de cybersécurité. L’infrastructure numérique du pays repose principalement sur d’anciennes versions de logiciels occidentaux n’ayant pas été mises à jour. Il s’agit d’un réel danger pour la sécurité nationale.

En outre, cet incident met en exergue les risques liés à la numérisation totale de nos sociétés. Les pompes à essence connectées sont vulnérables aux cyberattaques, comme n’importe quel équipement IoT. Si cette technologie apporte des avantages indéniables, elle représente aussi une nouvelle surface d’attaque pour les hackers. Les pays occidentaux comme la France devraient prendre des mesures pour éviter une situation similaire…

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