Fintech : les transactions multidevises et les néo-banques

La montée des Fintech a transformé le système bancaire et a donné le jour à une nouvelle génération de banques. Mais les grandes promesses des néo-banques ont-elles vraiment leurs chances d’être tenues ?

Du premier banco à la néo-banque : un peu d’histoire

D’origine italienne, la banque traditionnelle se contentait d’assurer la gestion des liquidités, de servir d’intermédiaire entre les créditeurs et les emprunteurs, puis de faire le lien entre les nations en agissant comme bureau de change. La banque en ligne, apparue dans les années 1990, a dématérialisé les services bancaires et a contribué à accélérer l’accès du grand public au trading, et notamment du Forex. Surtout, elle a servi à donner confiance en un système sans visage.

À peine arrivées sur le marché, les néo-banques attirent déjà près de la moitié des clients des banques en ligne. Parmi les principales ambitions de ces banques nouvelle génération, on trouve la simplification des démarches et, surtout, des concepts de transactions internationales rapides et économiques, notamment par le biais de devises cryptographiques. La banque britannique Revolut qui revendique aujourd’hui 400 00 nouveau clients français par an estime ainsi à 88% l’économie offerte sur les transactions internationales, et prétend offrir bientôt la première carte bancaire multi-devise.

Les néo-banques s’installent enfin en France

Presque toujours développées à l’étranger, les néo-banques attirent aujourd’hui l’intérêt grandissant des consommateurs et des entreprises françaises. Leader sur le marché français, Revolut se flatte aujourd’hui d’une clientèle européenne de 3 millions de comptes. Dernière en date, l’enseigne anglaise Monese affirme quant à elle avoir séduit plus de 60 000 clients français depuis Septembre et vise les 300 000 d’ici la fin 2019. Principaux arguments de Monese : des démarches simples et rapides ainsi que des virements en devises étrangères beaucoup moins chères. Elle permet notamment d’ouvrir un compte courant sur son smartphone, en quelques clics et à l’aide d’une simple carte d’identité, une offre particulièrement alléchante pour les étudiants et les expatriés.

Une rentabilité encore délicate

Le grand succès de ces nouvelles venues réside dans la gratuité de leurs services, ce qui présente un problème de rentabilité. C’est pourquoi une grande partie des néo-banques restent dépendantes des levées de fonds auprès d’investisseurs externes. On a ainsi vu N26 bénéficier d’un investissement de 300 millions de dollars en début d’année, et Revolut affichait une levée de 250 millions au printemps 2018.

La solution serait, tout simplement, de faire payer le client. Ainsi faut-il, pour accéder aux promesses de transactions multidevises de Monese, être client Premium à 14,95€ par mois. De son côté, N26 facture 2€ par retrait à partir du cinquième retrait mensuel.

On serait en droit de s’interroger sur la direction prise par le système bancaire. Sans parler des problématiques entourant la fraude et la conformité aux régulations de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution), la rentabilité à long terme encore délicate de ces organismes suggère un avenir incertain. Toutefois, si on accepte l’idée de payer pour accéder à son argent, ces néo-banques simplifiées à l’extrême et débarrassées des frais de gestion des antennes bancaires semblent les mieux placées pour offrir des tarifs compétitifs. C’est certainement l’opinion des investisseurs qui n’hésitent pas à financer, par des sommes considérables, le développement de ces concepts prometteurs.