Les Français parmi les moins préoccupés par l’utilisation de leurs données personnelles

Une récente étude menée par Ipsos révèle que les Français faisaient partie des moins préoccupés par l’utilisation de leurs données personnelles. 

La sécurité des données au cœur des débats 

Sur les réseaux sociaux, les sites de vente e-commerce, les pages web d’association ou de toute autre organisation gouvernementale ou non, les internautes donnent leurs données personnelles gratuitement. Ces données collectées constituent pourtant un véritable trésor pour certaines entités comme les data provider. Ces informations peuvent aussi  être vendues par l’entreprise propriétaire du site lui-même dans le cadre d’une collaboration de partage de données qui seront souvent utilisées à des fins publicitaires. 

Les données fournies, qu’elles soient déclaratives (obtenues via un un profil logué par exemple) ou comportementales (via les cookies, le search, le navigateur, …) sont souvent sensibles. Le stockage et l’utilisation de ces données soulèvent ainsi des questionnements. Suite aux nombreux scandales de fuites de données, les utilisateurs d’Internet déclarent se soucier davantage du devenir de ces données par rapport aux années précédentes. L’application TousAntiCovid n’a fait que renforcer les inquiétudes. 

Quatre dimensions et plusieurs niveaux de préoccupation

Selon une étude menée par Ipsos, une société française de sondage, les inquiétudes par rapport aux données personnelles ne sont pas placées au même niveau pour tous les utilisateurs. Une enquête menée auprès de 22 050 consommateurs de 14 pays. Certains se préoccupent plus de la facilité de la collecte et de la quantité de données collectées. Pour d’autres, les préoccupations concernent surtout l’accès d’un tiers à leurs données. D’autres encore s’inquiètent de l’exactitude des informations avec entre autres l’absence des mises à jour. Enfin, il y a ceux qui redoutent l’utilisation de ces données une fois collectées (spamming, suggestions indésirables, …).

Au-delà de ces quatre dimensions de préoccupations, les utilisateurs de certains pays sont plus inquiets que d’autres. Avec les Italiens, les Espagnols et les Japonais, les Français possèdent un taux de préoccupation parmi les plus bas. Le Royaume-Uni, le Mexique, l’Australie, le Canada, les États-Unis et l’Afrique du Sud affichent un taux de préoccupation parmi les plus élevés. L’introduction du règlement général sur la protection des données  (RGPD) pourrait expliquer en grande partie le ressenti des Français. 

Partage d’informations et vie privée

Les données partagées peuvent être sensibles, mais pas forcément. Les données dites sensibles relèvent des informations privées de l’utilisateur : identité, données bancaires, données médicales, etc. Les données comportementales (habitudes d’achat et de recherche, hobbies, …) et les informations démographiques (âge, sexe, …) sont celles classées non sensibles

Toujours d’après l’enquête menée par Ipsos, les utilisateurs ne sont pas disposés à partager ces deux types de données de la même façon. Les  Français comptent parmi ceux qui présentent le plus de réticence à partager leurs données sensibles. Les Français seraient donc des utilisateurs prudents. Les pays affichant un taux élevé de préoccupation sont à contrario les plus enclins à partager ce type de données. C’est le paradoxe de la vie privée. Il s’agit de la contradiction entre l’attachement à la vie privée et la volonté de partager les données du même ordre.