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Huawei aurait testé la reconnaissance faciale pour identifier des Ouïghours

Selon un rapport obtenu par le Washington Post, Huawei aurait testé un logiciel de reconnaissance faciale capable d’identifier les personnes appartenant à la minorité ouïghoure. La solution permet aussi d’envoyer automatiquement des alertes aux autorités locales de leur présence. Le document montrerait qu’en 2018, Huawei a travaillé avec Megvii, l’une des principales startups de reconnaissance faciale de Chine, pour tester un système de caméra alimenté par l’IA qui pourrait tenter d’identifier l’âge, le sexe et l’ethnicité des personnes dans une foule. 

La répression des Ouïghours en Chine en arrière-plan

En détectant le visage d’un individu ouïghour, la reconnaissance faciale déclencherait une alarme et alerterait la police chinoise. Les Ouïghours sont un groupe ethnique turc à majorité musulmane. Il en compte environ 11 millions en Chine, la majorité vivant dans la province du Xinjiang. Ce peuple aurait subi une répression de la part du parti communiste depuis 2012. 

Cette politique de répression prend véritablement de l’ampleur à partir de 2016. En 2018, le Parti communiste chinois aurait appréhendé entre 800 000 et 2 millions d’Ouïghours. Ces derniers auraient été transférés dans des « centres de rééducation » où les personnes appréhendées auraient subi un processus d’endoctrinement brutal impliquant des actes de torture et d’abus sexuels.

Un simple test, selon Huawei

Avec l’aide d’un organisme de recherche appelé IPVM (la principale source d’informations mondiale sur la vidéosurveillance), le Washington Post a trouvé le rapport détaillant le système de reconnaissance faciale sur le site Web de Hauwei. La société a ensuite retiré le document après que Washington Post et IPVM ont demandé des commentaires, bien qu’elle ait reconnu l’existence du rapport. Un porte-parole de Huawei a déclaré que le rapport  est simplement un test et que le système n’a jamais été fonctionnel. 

Huawei ne fournit que des produits destinés à usage général pour ce type de test. La société ne fournit pas d’algorithmes ni d’applications personnalisées. Selon le document, Huawei a fourni les serveurs, les caméras et l’infrastructure informatique qui sous-tendent le test. Mais la reconnaissance faciale serait capable d’analyser le sexe (homme, femme), l’origine ethnique et la couleur de la peau.

Un système à polémique

Le rapport souligne le pire des scénarios en matière de reconnaissance faciale. Les experts mettent en garde contre les pièges de la technologie depuis des années, notamment sa propension à mal identifier les minorités et les personnes de couleur. Même si le système n’était qu’un test, les actions de Huawei sont susceptibles de susciter davantage de méfiance à l’égard de l’entreprise de la part des pays en Occident. 

Pour des raisons supposées de sécurité nationale, les opérateurs de réseau ne sont pas autorisés à acheter des équipements 5G à l’entreprise dans un certain nombre de pays, dont les États-Unis et l’Australie. D’autres pays anglophones comme le Canada et le Royaume-Uni envisagent également des restrictions.

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