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Intelligence artificielle et stupidité

Intelligence artificielle : la stupidité est-elle le prix à payer ?

À l’heure où l’automatisation se développe de plus en plus, il devient légitime de s’interroger sur les dangers et les risques de ce phénomène. Certaines personnes craignent aujourd’hui que l’intelligence artificielle nous rende stupides, tandis que d’autres imaginent qu’elle pourrait nous rendre plus intelligents. 

Durant nos jeunes années, les professeurs de mathématiques affirmaient que nous aurions besoin de connaître les tables de multiplication, sous prétexte que nous n’aurions pas toujours une calculatrice dans la poche. Ils avaient tort. Nous transportons tous dans nos poches des smartphones capables d’effectuer les opérations les plus complexes

Faut-il pour autant renoncer à l’apprentissage des tables de multiplication ? Les machines servent à simplifier nos vies, maint ont toujours eu des conséquences secondaires inattendues. Par exemple, après la révolution industrielle, l’automatisation du travail manuel a entraîné une vague d’obésité au sein de la population. Ce phénomène a augmenté avec la sédentarisation des modes de vie.

Cependant, si nos corps travaillaient moins, nos cerveaux étaient plus actifs. Même pendant nos temps de repos, nous traitons une plus grande quantité d’informations sous la forme de livres, de films, de musiques ou de réseaux sociaux. Bien entendu, l’apparition de la calculatrice de pouce n’a pas supprimé le besoin d’apprendre les mathématiques. Il est encore nécessaire de comprendre comment formuler les équations pour entrer les informations dans la calculatrice et ainsi obtenir le résultat. Toutefois, certains pensent que plus l’intelligence artificielle devient intelligente, plus nous devenons stupides.

Plus les systèmes d’automatisation, les algorithmes de deep learning, et l’IA deviennent compétents pour accomplir certaines tâches, moins les humains doivent en faire. Sur le long terme, nous pourrions donc devenir moins compétents.

L’intelligence artificielle pourrait nous rendre moins compétents

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Par exemple, les pilotes d’aviation comptent désormais fortement sur les vols automatiques et les systèmes de guidage. Ainsi, le temps qu’ils passent à piloter est de plus en plus réduit. Les transmissions automatiques dans les voitures, les systèmes permettant de se garer automatiquement, tendent à réduire la faculté à conduire manuellement. Il va sans dire que les voitures sans pilote risquent nous faire oublier l’art du la conduite automobile.

Cependant, peut-être que conduire une voiture ou piloter un avion ne sont pas des talents nécessaires dans la vie. En revanche, les algorithmes et les systèmes de diagnostics dans la médecine risquent de réduire la capacité des médecins à identifier les problèmes et à tirer leurs propres conclusions. Une étude datée de 2013 a montré que les spécialistes en radiographies sont moins enclins à repérer des cancers sur des zones qui ne sont pas mises en lumière par ordinateur.

On pourrait donc penser que les machines remplacent les humains pour les tâches automatisées. Il est plus juste de croire que l’automatisation transforme la nature et les résultats des tâches.

Vers une simple évolution des tâches manuelles ?

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Si l’on prend l’exemple d’une chaîne d’assemblage, l’automatisation est à double tranchant. D’un côté, les produits peuvent être produits plus rapidement, avec une marge d’erreur plus faible. De l’autre côté, contrairement à une machine, un humain peut se rend compte directement qu’un produit présente une erreur grossière. Par exemple, si une pièce est bleue alors qu’elle devrait être jaune, le robot ne s’en rendra compte que s’il est programmé pour.

De fait, le problème de l’automatisation survient lorsqu’un humain n’est pas présent pour superviser si les produits sont de la bonne couleur, ou s’il choisit de faire confiance aux machines plutôt qu’à ses propres yeux pour savoir si les produits sont de la bonne couleur.

Plus intelligents grâce à l’automatisation ?

Certaines personnes optimistes, à l’inverse, présument que l’automatisation nous rendra plus intelligent. Par exemple, l’automatisation permet de réduire le nombre d’erreurs humaines. Grâce au GPS, le nombre d’accidents de la route a été fortement réduit. De même, l’informatique permet à la médecine de repérer des cancers que l’être humain ne perçoit pas.

De même, il a été prouvé que l’être humain bénéficie d’une capacité limitée à prendre des décisions. Pour avoir des pensées plus profondes, il est nécessaire de libérer son esprit en évitant de s’attarder sur des détails. C’est la raison pour laquelle de nombreuses personnalités considérées comme des leaders portent un uniforme qui leur rappelle de ne pas perdre de temps à choisir une tenue vestimentaire chaque matin. Il peut donc être bénéfique de laisser les machines et l’intelligence artificielle s’occuper des tâches répétitives.

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Toutefois, cet argument présente deux problèmes majeurs. Tout d’abord, ses défenseurs estiment que toutes les tâches que nous déléguerons aux machines seront triviales et répétitives, ce qui n’est pas forcément vrai. De même, il n’est pas certain que nous profiterons tous du temps gagné pour se consacrer à des causes nobles et importantes.

Pour l’heure, il est impossible d’affirmer si l’intelligence artificielle et l’automatisation nous rendrons plus stupides ou plus intelligents. Malheureusement, lorsque nous serons enfin en mesure de répondre à cette question, il sera peut-être trop tard

1 commentaire

  1. Principe : l’IA ingère des data du big data et applique des algorithmes pour créer une solution. Ce faisant l’IA génère des data qui sont à leur tour injectées dans le big data. Constat : Comme l’humain sous-traite de plus en plus à l’IA la création des solutions, il aura de moins en moins besoin d’apprendre, de réfléchir et de créer lui-même puisque l’IA le fera à sa place. Comme dans Idiocratie, l’humain est voué à se crétiniser s’il poursuit cette voie. La part de data humaines, intelligentes ou pas, dans le big data va donc diminuer et la part de data machine va augmenter. Questions : à force d’ingérer de plus en plus des data issues d’elle-même, l’IA ne va-t-elle pas finir par radoter ? voire par se crétiniser à son tour après avoir contribué à crétiniser l’humanité ? La décadence de l’IA après celle de l’humanité est-elle évitable ?

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