Reconnaissance faciale : la police britannique mauvais élève. Et les français ?

Reconnaissance faciale : la police britannique mauvais élève. Et les français ?

Une étude menée sur l’utilisation de la reconnaissance faciale par la police britannique révèle un manque de discipline. Concrètement, les forces de l’ordre ne respectent pas toujours les normes juridiques et éthiques dans l’utilisation de cette technologie.

Manque de responsabilité et de transparence

La technologie de la reconnaissance faciale pourrait a priori faciliter le travail de la police britannique (et celle des autres pays). Néanmoins, la technologie semble montrer des lacunes évidentes sans parler des abus commis par les forces de l’ordre. 

D’après les recherches, la base de données britannique inclut bien souvent des photos de personnes innocentes. Ce sont celles des personnes arrêtées, mais qui n’ont pas été condamnées. Pour la police, le simple fait de stocker ces photos est préjudiciable. Par ailleurs, cela peut affecter les résultats de recherche par la technologie de reconnaissance faciale. 

En cas d’erreur, les chercheurs ont révélé un manque de responsabilité de la part des autorités britanniques. Il n’y a aucun recours clair pour les personnes ou les communautés affectées négativement par l’utilisation ou l’abus de la technologie. « Les forces de police ne sont pas nécessairement responsables ou tenues pour responsables des dommages causés par la technologie de reconnaissance faciale », expliquent les chercheurs.

Police britannique : la reconnaissance faciale soulève des problèmes de discrimination

L’utilisation de la reconnaissance faciale soulève également des problèmes de discrimination. Cela tient essentiellement des biais inhérents à la technologie qui identifie de manière disproportionnée les femmes, les personnes de couleur et les personnes handicapées.

La reconnaissance faciale est raciste, de la façon dont elle a été construite à la façon dont elle est utilisée. Le public craint que le gouvernement utilise la technologie pour suivre ses mouvements et cibler les personnes. Ceci en fonction de leur race, de leur religion, de leur affiliation politique ou de leur discours.

Par ailleurs, il est connu que cette technologie peut stocker et analyser un grand nombre d’images faciales à l’insu des individus ou sans leur consentement. Face à quoi, les chercheurs mettent en évidence un possible « effet dissuasif » si la reconnaissance faciale conduit à une réticence à exercer les droits fondamentaux, comme le droit de manifester.

Le public peut en effet décider de renoncer à ses droits plutôt que de prendre le risque d’être identifié dans une foule. Compte tenu de ces lacunes, les chercheurs déclarent qu’ils soutiennent les appels à « l’interdiction de l’utilisation par la police de la reconnaissance faciale dans les espaces accessibles au public ».

Qu’en est-il en France ?

La police française utilise largement la technologie de la reconnaissance faciale, notamment dans les aéroports. Par ailleurs, certains établissements scolaires français ont adopté la technologie de reconnaissance faciale afin de déjouer les intrus et de maintenir un niveau de sécurité plus élevé à l’accès des établissements. 

Reconnaissance faciale : la police britannique mauvais élève. Et les français ?

En 2019, Cédric O, secrétaire d’État chargé du numérique et de l’internet, expliquait aussi son souhait de poursuivre une expérimentation sur l’utilisation de la reconnaissance faciale en temps réel sur certains sites de services publics gouvernementaux. 

S’il n’y a pas de cas d’abus signalés, les groupes de liberté civile s’interrogent néanmoins sur l’utilisation de cette technologie, notamment en termes de protection de la vie privée. Au mois de mai, un groupe de sénateurs français ont déposé un rapport qui préconise la création de directives strictes en matière de reconnaissance faciale

Le rapport a été présenté par le sénateur socialiste Jérôme Durain, le sénateur de l’Union centriste Arnaud de Belenet et le sénateur de droite Les Républicains Marc-Philippe Daubresse. Ils ont souligné la nécessité de « lignes rouges » fortes qui dicteraient exactement ce qui est et n’est pas autorisé lors de l’utilisation de la reconnaissance faciale

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