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Stockage de données ADN : des chercheurs s’inspirent de la fossilisation pour une meilleure stabilité

Inspirés par le phénomène naturel de la fossilisation, des chercheurs sont parvenus à  » sécher  » de l’ADN contenant des données. Cette méthode permet d’améliorer la stabilité de l’ADN et donc d’étendre la durabilité du stockage…

Même après plusieurs milliers d’années, il est possible de séquencer l’ADN à partir d’os fossilisés. Contenu dans les fossiles, l’ADN peut être préservé de façon stable pendant des centaines d’années.

Les chercheurs de l’Institut de Technologie Fédéral Suisse de Zurich ont donc voulu s’inspirer de ce phénomène naturel. Leur objectif était d’étendre la durabilité du stockage de données dans l’ADN synthétique qui pourrait bien représenter le futur du Data Storage.

Menée par Robert Grass, l’équipe de chercheurs suisses et américains a tenté de sécher l’ADN à l’état solide à l’aide de trois sels inorganiques. Sachant que la phase minérale de l’os est constituée de phosphate calcium, l’équipe a commencé à sécher l’ADN dans une solution de phosphate calcium. Elle a ensuite utilisé le chloride calcium et le chloride magnésium.

Selon Grass, le calcium est davantage responsable de la stabilité que le phosphate. En outre, le magnésium permet une meilleure stabilité puisque les ions interagissent avec l’ADN.

Stockage de données ADN : une image de 115kb intacte après six jours de vieillissement accéléré

Afin de tester le potentiel de leur ADN fossilisé, les chercheurs ont ensuite ajouté des amorces d’amplification aux deux extrémités d’un brin d’ADN encodant une image de 115kB. Après six jours de vieillissement accéléré à 70 degrés Celsius, les réactions en chaîne de polymérase ont permis d’amplifier le brin d’ADN pour le décodage.

Les sels ont pu être retirés très facilement de l’ADN grâce à leur solubilité dans l’eau. L’image quant à elle a pu être décodée sans erreur alors même que l’ADN non protégé ne pouvait pas être lu.

L’étude démontre donc que l’interaction entre les ions de calcium ou de magnésium et l’ossature de phosphate de l’ADN permet d’améliorer la stabilité. Cette trouvaille va permettre d’accroitre le potentiel prometteur de l’ADN pour le stockage de données.

En effet, l’ADN synthétique représente un medium idéal pour le stockage de données de par sa densité et sa résistance aux conditions climatiques extrêmes. Cependant, l’ADN est difficile à conserver dans des conditions qui ne sont justement pas extrêmes. Grâce à cette méthode de fossilisation, le problème pourrait être résolu et la perspective d’un support de stockage basé sur l’ADN est de plus en plus réaliste…

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