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Wiztrust : une solution pour lutter contre les fake news financières

L’éditeur SaaS Wiztopic veut lutter contre les fausses informations financières avec Wiztrust. Ce service certifie les résultats et les communiqués de presse des banques, des assureurs ou des asset managers par le biais de la Blockchain.

Wiztopic est l’éditeur d’une plateforme dédiée aux professionnels de la communication. Celle-ci permet de gérer, de diffuser et de mesurer la performance des contenus envoyés par les porte-paroles d’une société et les agences RP corporate. Cette solution multicanal facilite le partage de l’information sur tous les supports numériques : newsrooms, email, réseaux sociaux, etc.

Parmi ses clients, Wiztopic compte principalement des entreprises cotées, des assurances, des banques, des professionnels de l’audit, du conseil ou encore de l’immobilier. La plateforme permet non seulement de relayer les informations aux journalistes spécialisés, mais aussi aux investisseurs et actionnaires.

Elles facilitent l’automatisation de la diffusion des contenus (textes, photos, vidéos, etc.) et la mesure de leur réception.

Ces firmes, cette centaine de grands groupes comme la Caisse d’Épargne, Bouygues, Crédit Agricole, Capgemini, Gecina, L’Oréal, Amundi ou encore KPMG ont besoin de transmettre des informations fiables à leurs interlocuteurs. Une fausse indication pourrait largement impacter leurs activités en bourse, par exemple.

Afin d’aider ses clients à s’en protéger, Wiztopic a créé Wiztrust. Wiztrust est un service qui permet à un émetteur d’une information de type financière ou corporate de la certifier dans la Blockchain. Le destinataire, que ce soit un investisseur, un analyste ou un journaliste, vérifie dans la solution l’authenticité de la source et l’intégrité du message s’il a un doute.

“La confiance, c’est la clé de voûte des marchés financiers. Plus de confiance, plus de marché”

jerome lascombe wiztopic

En effet, la diffusion de fausses informations par des tiers intéressés se multiplie. Dans un livre blanc publié en mai 2019, Jérômes Lascombe et Raphaël Labbé, les fondateurs de Wiztopic, présentent les enjeux et solutions autour du phénomène de Corporate News Hacking ou manipulation de l’information des entreprises.

Dans l’introduction, ils évoquent deux cas probants des effets néfastes de ces détournements. “En 2016, la valeur de Vinci a subi une baisse de 20 % après la reprise par Bloomberg d’une fausse information sur les performances de l’entreprise”, écrivent-ils. Conséquence de l’opération ? Une variation de 7 milliards d’euros à la baisse puis à la hausse avant la clôture de la cotation.

En janvier 2019, les Yes Men ont détourné la lettre annuelle de Larry Fink, PDG de BlackRock. “Ils annonçaient la sortie progressive du leader mondial de l’asset management du secteur des énergies fossiles”, expliquent les fondateurs de Wiztopic. L’infox avait été reprise entre autres par le vénérable Financial Times.

Vous avez deux types de manipulateurs de l’information des entreprises : l’hacktiviste et l’opportuniste. Dans le cas de Vinci, les pirates ont joué à la baisse, puis à la hausse du cours : ils ont gagné deux fois en 30 minutes”, déclare Jérôme Lascombe. “Le principal motivateur reste l’appât du gain”, affirme-t-il.

Les méthodes sont plus ou moins évoluées. Les Yes Men ont usurpé l’identité de Larry Fink en créant une fausse adresse mail reliée à une fausse newsroom. Les pirates derrière l’attaque de Vinci ont créé une fausse adresse reliée à un faux service de presse où figurait un faux numéro et tout en nommant le vrai directeur des relations investisseurs. “Des cas comme ceux-là, il y a sans arrêt“, constate le président de Wiztopic.

Wiztrust : la blockchain pour protéger les investisseurs des fake news

Afin d’assurer la fiabilité de l’information, Wiztrust se compose de deux outils. Le premier permet à l’émetteur de certifier ses fichiers. Il lui suffit de les faire glisser sur une page Web. La plateforme valide le texte ou l’image en 1 à 2 secondes. Pour une vidéo, tout dépend de sa taille, mais tout se passe en trois secondes. À l’inverse d’une solution comme Wetransfer, les documents ne sont pas chargés dans un cloud. “Elle enregistre les métadonnées, les encrypte et les stocke sur un réseau blockchain”, explique Jérôme Lascombe.

Cela génère un hash des métadonnées associé à un ID de transaction qui constitue “l’empreinte digitale du document”. Quand quelqu’un analyse la provenance d’un fichier, la plateforme compare les données.

Cela ne suffit pas à assurer la sécurité des actualités et des communiqués de résultats financiers. Wiztopic commence par s’assurer de l’identité de l’émetteur. “Nous vérifions le lien entre la personne qui certifie un fichier et la société pour qui il travaille”. Sans cette étape préalable, le système ne pourrait pas fonctionner.

D’ailleurs, impossible de s’abonner en ligne. Dans ce cadre, l’abonnement est nominatif avec des identifiants complexes ou par le biais de SSO.

Inciter les journalistes et les investisseurs à vérifier les informations

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Le second outil de Wiztrust bénéficie d’un accès libre. Depuis la plateforme, les journalistes et les investisseurs peuvent glisser le document dans un vérificateur qui valide son authenticité et sa provenance. Si l’élément n’a pas subi ce traitement dans la blockchain de la startup, le message suivant apparaît :

Le fichier n’a pas été certifié avec Wiztrust. Veuillez en vérifier l’authenticité en prenant contact avec son émetteur.

Wiztrust ne vous dira jamais qu’un document est un faux. Il vous dira s’il est authentique ou qu’il ne correspond à aucun fichier certifié dans notre blockchain”, assure Jérôme Lascombe. “Nous recommandons à nos clients de certifier tous leurs contenus dans leur intérêt”.

Ceux-ci peuvent également utiliser le kit d’images disponibles pour informer leurs contacts qu’ils protègent leurs documents avec Wiztrust. Certains le marquent noir sur blanc en en-tête de leur newroom. D’autres indiquent la certification en pied de mail.

Ce qui rend cette approche sûre, c’est que l’on décorrèle l’outil de certification et le contenu de l’outil de vérification”, affirme notre interlocuteur. “La traçabilité se fait sur l’ensemble de la chaîne sans contrainte démesurée pour l’utilisateur final”.

Un intérêt grandissant pour Wiztrust

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Klépierre, Gecina, Bouygues, Natixis, Airliquide et près d’une quarantaine d’entreprises utilisent la solution. “Plus les sociétés adoptent notre service, plus les journalistes et les actionnaires en prennent connaissance”.

Des représentants des pouvoirs publics nous contactent pour savoir si l’on pourrait certifier des documents officiels. On peut le faire, mais notre promesse c’est de permettre à des émetteurs d’informations économiques et financières de sécuriser la chaîne. Comme Wiztopic s’adresse à de grandes entreprises, pour nous, c’était parfaitement logique de commencer par les sociétés pour qui les enjeux sont les plus importants dans ce domaine”, affirme notre interlocuteur.

Wiztrust est gratuit pour le vérificateur, tandis que l’émetteur des informations est facturé.Nous avons des clients qui s’abonnent uniquement à Wiztrust”. Le premier palier de l’offre coûte 1000 euros par mois pour 3 utilisateurs. “On ne vend pas à la certification : les clients peuvent enregistrer tous leurs documents, tandis que les vérificateurs l’emploient en cas de doute, lors de la diffusion d’une information importante”.

“Le début d’une nouvelle aventure” pour Wiztopic

La solution lancée en mars 2019 connaît un gain de popularité. Wiztopic attend l’inscription de nouveaux abonnés à la rentrée. Les entreprises de gestion d’actifs, les banques, les spécialistes de l’immobilier européens sont les premiers utilisateurs. La majorité d’entre eux se servait déjà à la plateforme de diffusion de contenus. À noter que l’outil dépendant d’une blockchain n’est pas facturé aux plus gros clients de Wiztopic.

Nous sommes au début d’une nouvelle aventure, mais nous sommes très confiants. Ce ne serait pas une surprise si on multiplie par deux ou par trois le nombre d’utilisateurs d’ici à la fin de l’année”.

Enfin, Jérôme Lascombe considère que Wiztopic intéresse les clients de Wiztrust. Selon lui, les deux solutions se complètent afin d’assurer l’authenticité des documents sur tous les canaux de diffusion.

Plusieurs startups se sont lancés dans la conception de Blockchain pour lutter contre les fake news. Daneel et Publiq sont deux d’entre elles. Le New York Times a lui annoncé récemment avoir démarré un projet de blockchain en utilisant Hyperledger d’IBM. Pour l’instant, Wiztopic reste l’unique acteur sur son domaine de prédilection.

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