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Analytics : les dirigeants affectionnent leurs tableurs Excel selon Deloitte

Une étude publiée le 25 juillet par Deloitte tend à prouver que les dirigeants ne sont pas à l’aise avec les plateformes analytics. Ils affectionnent toujours les feuilles Excel et les diagrammes.

Les entreprises accumulent des volumes de données considérables : un or noir qui n’attend que d’être exploité. Pour cela, les sociétés développent des solutions basées sur l’Analytics et l’IA. Qlik, Tableau, SAS ou encore Google avec BigQuery sont quelques-unes des firmes qui s’évertuent à faciliter l’analyse des données dans un contexte professionnel.

Seulement, voilà, tout le monde n’est pas au même niveau d’adoption. Certains préfèrent les bonnes vieilles présentations PowerPoint associées aux feuilles Excel. C’est ce que révèle une étude de Deloitte datant d’avril publiée le 25 juillet dernier. Sur 1048 dirigeants interrogés de grandes sociétés (plus de 500 salariés), 62 % d’entre eux s’appuient encore très largement sur des tableurs. Par ailleurs, ils sont 58 % à utiliser des logiciels classiques de Business Intelligence comme Power BI ou IBM Cognos.

Analytics : les entreprises privilégient les données structurées

Il ne s’agit donc pas d’irréductibles Gaulois effrayés à l’idée que le ciel leur tombe sur la tête. Au contraire, 76 % des personnes affirment qu’ils ont gagné en maturité concernant l’analytics au cours de l’année dernière. Par ailleurs, 67 % des répondants utilisent déjà des outils avancés comme ceux de SAS, le langage R, ou encore Python.

L’IA est donc en voie d’adoption. Pas moins de 56 % des dirigeants la voient comme une initiative importante dans les prochaines années.

Pour autant, les rapports de 64 % des entreprises interrogés reposent sur des données structurées issues de systèmes internes. Seulement 18 % profitent de l’analyse des images, des fichiers audios ou bien des commentaires sur les réseaux sociaux. Ces informations non structurées s’avèrent bien plus difficiles à ranger dans des colonnes, mais l’équipe de Deloitte a raison quand elle écrit que les infrastructures Cloud, les environnements de stockage et les frameworks open source comme Hadoop facilitent grandement leur analyse.

Un autre problème freine l’adoption de l’analytics en entreprise : la culture du silo. Près de 60 % des sociétés qui embrassent cette approche ont atteint leurs objectifs l’année dernière. À l’inverse 80 % de celles qui déploient des outils et méthodes communes pour tirer le meilleur parti de leurs données (26 % des sondés) ont rempli leurs buts en 2018. “L’absence d’une stratégie unique pour identifier les perspectives est un obstacle à l’efficacité”, écrivent les responsables de l’étude.

Un problème en partie culturel

Il y a donc une forte corrélation entre le déploiement de l’analytics et la culture en entreprise.

Tom Davenport, l’un des auteurs du rapport, affirme :

Les organisations doivent adopter une diversité de rôles et de compétences. Au lieu de s’appuyer sur des équipes cloisonnées d’experts, les entreprises feraient bien de cultiver une grande variété de personnes qui sont curieuses, qui savent compter et qui sont capables de faire le pont entre les méthodes analytics/de science des données et les exigences commerciales. C’est ce qu’on pourrait appeler la ‘démocratisation de la science des données’.

Selon Deloitte, cette approche hétérogène de la data science a des effets proprement bénéfiques. “Dans les sociétés où les cadres supérieurs déclarent que tous les employés ont reçu une formation analytics, 88 % ont dépassé les objectifs, comparativement à 61 % des entreprises dans lesquelles seuls certains salariés ont bénéficié d’un enseignement similaire”.

Au moment de cette étude, 37 % des dirigeants considèrent leurs entreprises comme ayant un degré de maturité suffisant dans ce domaine. Dix pour cent d’entre eux voient leur organisation comme “une championne de l’analytics”. La majorité (63 %) se dit sensibilisées à l’analytics, mais manque de moyens techniques et travaille dans des silos. Culture et technologie : l’un sans l’autre, le développement du Big Data en entreprise n’a pas lieu d’être. Pour l’heure, le serpent se mord encore la queue.

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