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Coupures d’électricité : Que font les data centers pour s’y préparer ?

Les data centers, fortement énergivores, doivent aujourd’hui se préparer aux potentielles coupures de courant en France. Ces infrastructures numériques ont pensé à quelques stratégies.

Récemment, une panne électrique touchait fortement un des data centers d’OVH à Strasbourg. Depuis, le MagIT s’est intéressé aux stratégies de défense de ces infrastructures face aux délestages. Parmi la multitude, Equinix fût le seul à répondre à l’affirmative. Le directeur des opérations de l’entreprise Christian Balzer rapporte quelques explications : « Tout commence par l’approvisionnement.»

La double dérivation

Le processus consiste à installer deux câbles rattachant le data center à une source. Le premier approvisionne pour le fonctionnement normal, et le deuxième pour les situations potentielles de crise. Et c’est Enedis qui propose cette alternative. Auparavant, EDF palliait à ces situations mais le cas n’est plus. Le poste source situé à la rencontre du réseau de très haute tension et de moyenne tension, est censé assurer les baisses de tension.

Cependant, selon Balzer, les data centers ne peuvent plus compter sur l’ancienne offre d’Enedis. « Enedis a dû repenser son offre à cause de l’augmentation irrationnelle des exigences d’un certain nombre de data centers. Elle a donc arrêté sa configuration double. En effet, mettre en place un poste source demande au moins cinq ans et au plus dix ans aux concernés. »

Enedis rassure en offrant pour les data centers les plus vulnérables un service par câbles séparés. Cette solution permet aux opérateurs de se protéger des potentiels problèmes de câble et de poste de livraison.

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Pallier aux faiblesses d’alimentation des data centers

Lorsque l’approvisionnement ne sera plus un problème, les data centers devront en affronter les probabilités de défaillances. Les ruptures d’approvisionnement sont très rares en France, mais les data centers doivent s’y attendre quand même.

«Dans la double dérivation, un problème survenant sur le câble principal exige une ouverture du disjoncteur du côté Enedis. Pour virer vers le câble de secours, il faut le faire à la main. En effet, les disjoncteurs restent ouverts pour les deux câbles pour des questions de sécurité. Le revirement manuel prend du temps, les data centers doivent donc trouver une autre solution. » affirme Balzer. Il rappelle que chaque data center dispose de groupes fonctionnant au diesel et d’onduleurs à batteries. Ces solutions peuvent être mobilisées jusqu’au fonctionnement normal des groupes électrogènes.

Aujourd’hui, Equinix utilise un système de « block redondance » alliant un groupe électrogène, un ondulateur et un transformateur. Une autre alternative est de distribuer le data center en tranches.

Les architectures résilientes

Même en compartimentant, le risque est toujours présent, les architectes SI interviennent alors. « Nos clients anticipent en distribuant les stockages sur nos plateformes. Ils prennent le temps d’évaluer les différentes propositions avant d’arrêter un choix. » affirme Balzer. Enfin, il insiste sur la transparence de son entreprise envers ses clients. Ils sont informés au maximum pour ne pas être pris de court. Jusqu’à présent, Equinix France ne comptabilise que deux pannes d’alimentation par an. 

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