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Cybersécurité : les ambitions de Pékin révélées

La chine ambitionne de devenir une cyberpuissance. La mise en place du National Cybersecurity Talent and Innovation Base (NCC) fait partie des stratégies établies pour atteindre cet objectif. Basée à Wuhan, cette institution, construite à partir de 2017, comprend entre autres une école nationale de cybersécurité, des laboratoires de recherche, des incubateurs.

Pallier une pénurie de cyber opérateurs

Actuellement, l’armée chinoise est confrontée à une pénurie de cyber-opérateurs. Un manque de 1,4 million de professionnels de la cybersécurité pèse sur la capacité de l’armée à recruter des candidats qualifiés. Deux des 10 composantes de la NCC contribueront à combler cette pénurie en cultivant les talents. L’École nationale de cybersécurité, dont la première classe de 1 300 étudiants obtiendra leur diplôme en 2022, reste l’épine dorsale du centre. Le pays espère voir 2 500 diplômés chaque année.

Le centre héberge également le Talent Cultivation and Testing Center, qui est en cours de construction pour offrir des cours et des certifications à quelque 6 000 professionnels de la cybersécurité en début et mi-carrière par mois, soit plus de 70 000 par an. Ensemble, les deux composantes de la NCC pourraient former plus d’un demi-million de professionnels en une décennie. Mais cela ne suffira pas à combler le manque de talents. Il n’y a pas de solution miracle. Une main-d’œuvre capable d’innover de manière significative reste essentielle à la mise en œuvre de la stratégie.

Soutenir l’innovation

Trois des 10 composantes de la NCC soutiennent directement l’innovation. Les étudiants et les startups peuvent solliciter un service de consulting et des fonds d’investissement à l’incubateur de la NCC. En plus d’appuyer l’innovation du secteur privé, deux autres volets de la NCC appuient la recherche axée sur le gouvernement. Le centre héberge deux laboratoires non privés, le Combined Cybersecurity Research Institute et le Offense-Defense Lab. 

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Les deux institutions mènent probablement des recherches sur la cybersécurité au profit du gouvernement. D’autres composantes soutiennent indirectement l’innovation. Le Centre d’exposition de la NCC, par exemple, accueille des événements qui attirent des talents issus des quatre coins du pays. La stratégie de fusion militaro-civile de la Chine garantit à l’Armée populaire de libération l’acquisition de nouveaux outils provenant du NCC, quel que soit l’auteur. Cela peut aider la Chine à développer un avantage asymétrique.

Réduire sa dépendance à l’égard de la cybertechnologie étrangère

La Chine vise à réduire sa dépendance à l’égard de la cybertechnologie étrangère. Les révélations de Snowden ont renforcé les inquiétudes de l’APL (Armée populaire de libération) selon lesquelles la technologie étrangère facilite l’espionnage. Des documents divulgués ont révélé une coopération étroite occasionnelle entre le gouvernement américain et des entreprises technologiques. Aussi, le Parti communiste veut remplacer les logiciels étrangers afin de protéger son infrastructure militaire et critique contre les interférences étrangères. 

Les responsables locaux servent de pipeline entre l’écosystème de la CCN et les besoins du Parti Communiste en ciblant les technologies naissantes. Si la NCC réussit à stimuler l’innovation, le pipeline peut faciliter l’adoption de produits locaux et le remplacement de la technologie étrangère. À long terme, les efforts de développement des talents de la NCC auront probablement un impact sur la dynamique de la cyber-concurrence des États-nations. Les outils utilisés par ces opérateurs pourraient également être conçus par des diplômés de la NCC.

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