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Facebook, Twitter et Google refusent de livrer les données des révolutuionnaires de Hong Kong

Les géants du web américains se révoltent face à la nouvelle loi de sécurité nationale imposée à Hong Kong par le gouvernement chinois. Face à cette loi jugée liberticide, Facebook, Twitter et Google refusent de fournir les données de leurs utilisateurs aux autorités chinoises…

À la fin du mois de juin 2020, le gouvernement chinois imposait une nouvelle loi de sécurité nationale à la ville de Hong Kong. L’objectif de Pékin était de pouvoir censurer plus efficacement les citoyens de Hong Kong qui critiquent le gouvernement, notamment en les condamnant à perpétuité.

Plusieurs personnes ont déjà été arrêtées pour avoir appelé à l’indépendance de Hong Kong. Si une personne a pour ordre de supprimer une publication et refuse de le faire, elle encourt une peine d’un an de prison.

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Cette nouvelle loi a fait perdre à la ville son statut privilégié par rapport au reste de la Chine en termes de liberté d’expression et d’accès à internet. En réaction, de nombreux citoyens ont supprimé leurs comptes sur les réseaux sociaux. Beaucoup se tournent désormais vers la messagerie cryptée Signal.

Par ailleurs, la loi autorise aussi la police à supprimer des publications sur internet et à punir les entreprises du web qui ne se soumettent pas aux requêtes de données. Des employés de ces entreprises pourront être incarcérés.

Sachant que ces règles s’appliquent au monde entier, les entreprises internationales du web pourraient avoir à choisir entre fournir les données d’utilisateurs basés en dehors de Chine, ou laisser leurs employés encourir six mois de prison.

Par la suite, plusieurs géants du web ont donc décidé de réagir à leur tour. En premier lieu, Facebook, qui détient aussi Whatsapp, a annoncé lundi 6 juillet 2020 au petit matin qu’elle allait passer en revue la nouvelle loi de sécurité nationale avec l’aide d’experts internationaux pour vérifier si elle enfreint les droits de l’Homme.

Pendant ce laps de temps, la firme américaine refusera les requêtes du gouvernement chinois pour les données personnelles des citoyens de Hong Kong. Peu de temps après, Google et Twitter ont annoncé prendre les mêmes mesures.

Comme l’explique Andy Stone, porte-parole de Facebook, “ la liberté d’expression est un droit fondamental et Facebook soutient le droit des personnes à s’exprimer sans avoir peur pour leur sécurité “.

De même, le porte-parole de Twitter, Ian Plunkett, estime qu’il est important d’analyser cette loi ” compte tenu de la vitesse à laquelle elle a été adoptée ” d’autant plus que ” certains termes sont vagues et sans définition claire “. L’entreprise déclare avoirde graves inquiétudes ” quant aux intentions de cette loi.

TikTok va plus loin et retire son application de Hong Kong

Rappelons que Facebook et Twitter sont d’ores et déjà interdits en Chine, et ne sont accessibles qu’à Hong Kong. Historiquement, Hong Kong a toujours bénéficié d’une liberté plus importante par rapport au reste du pays.

Jusqu’à présent, les relations entre les entreprises américaines et la Chine sont toujours restées cordiales malgré la censure imposée à la plupart des réseaux sociaux américains sur le sol chinois. Les GAFAM génèrent en effet d’importants revenus publicitaires en Chine malgré le blocage de leurs réseaux sociaux. Toutefois, l’entrée en vigueur de cette loi risque de nuire à ces relations dans un contexte diplomatique déjà très tendu entre les deux pays…

L’application de messagerie chiffrée Telegram, basée en Europe et au Moyen-Orient, très populaire parmi les manifestants de Hong Kong, a elle aussi suivie le mouvement. Elle refuse de fournir les données des citoyens jusqu’à ce qu’un consensus ait été atteint autour de cette nouvelle loi.

Cependant, et étonnamment peut-être, c’est une entreprise chinoise qui est allée encore plus loin dans cette démarche de protestation. Le géant ByteDance, qui détient TikTok, a tout simplement décidé de retirer son application des boutiques d’application et de la désactiver pour les utilisateurs de Hong Kong. Rappelons que TikTok n’est pas disponible dans le reste de la Chine.

Cette levée de boucliers à l’unisson des géants du web est suffisamment rare pour démontrer que l’heure est grave et que l’adoption de cette loi à Hong Kong marque un tournant. En fonction de l’accord qui sera trouvé entre les entreprises et le gouvernement chinois, le futur de Hong Kong sera directement impacté