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Le gouvernement colombien veut se servir du Big Data

Enthousiasmé par l’efficacité des outils d’analyse du Big Data dans le secteur privé, le gouvernement colombien souhaite à son tour utiliser cette technologie pour l’analyse prédictive et la prise de décisions. Toutefois, cette ambition se heurte aux protestations de diverses associations.

Partout dans le monde, de plus en plus d’entreprises exploitent le Big Data pour mieux gérer leur développement et analyser leurs forces et leurs faiblesses. À présent, ce marché en très forte croissance attire également les gouvernements, notamment celui de la Colombie. 

Le Département National de Planification prépare actuellement une politique publique du Big Data, qu’il espère publier d’ici la fin de l’année 2016 sous la forme d’un document CONPES. Cette politique vise à ce que toutes les entités nationales de l’État, à savoir les ministres, les surintendants, les départements administratifs, la Rama Judicial et le Congrès puissent commencer à collecter, stocker, analyser et visualiser des données.  

À l’heure actuelle, il existe déjà une politique concernant les données ouvertes (open data). Cependant, elle se limite au traitement des données structurées, organisées dans les bases de données. Or, le Big Data inclut également les données non structurées, en provenance des divers réseaux sociaux et des médias numériques . Le Département National de Planification souhaite que le gouvernement puisse également utiliser ces données pour augmenter son efficacité, prendre de meilleures décisions, et optimiser les ressources publiques.

Le Centre d’Excellence et d’Appropriation du Big Data

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En mars dernier, un Centre d’Excellence et d’Appropriation du Big Data a été inauguré sous l’impulsion du Ministère des TIC. Ce centre a pour objectif de commencer à développer un écosystème entre les académies, les entreprises et l’État autour de cette technologie. Le but affiché est d’impacter positivement l’économie et de permettre au secteur public d’utiliser le Big Data à bon escient. Ce centre financera notamment la formation d’experts en Big Data. 

Les craintes des citoyens

Cependant, certains craignent que l’État puisse utiliser ces données à mauvais escient, par exemple pour surveiller les citoyens ou pour tenter d’anticiper leurs actions futures. Par exemple, Juan Pablo Castañeda, de la Fondation Karisma, souligne que le Big Data a engendré des problèmes de discrimination dans d’autres pays. 

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Le gouvernement pourrait notamment décider de ne pas proposer un emploi à une personne s’il estime qu’elle risque d’abandonner rapidement ou d’avoir des problèmes avec la justice. En effet, même si les données n’incluent pas d’informations sur l’identité des citoyens, certains algorithmes permettent de lever l’anonymat.

Une atteinte ou une aide à la démocratie ?

Il est important de fixer des limites à l’usage étatique du Big Data. Outre la discrimination, le respect de la confidentialité et du secret professionnel est au cœur des réticences des associations et autres opposants à ce projet. Castañeda craint également que le gouvernement n’utilise les données en provenance des réseaux sociaux pour prédire, influence et contrôler l’opinion du peuple dans les débats publics. 

Plus utopiste, Iván Mantilla, sous-directeur des TIC au Département National de Planification, considère que cette technologie permettra au contraire d’améliorer la démocratie en permettant au gouvernement de recueillir l’avis des citoyens sans même avoir besoin de les interroger directement.

Afin d’être sûr que l’usage du Big Data par le gouvernement soit contrôlé et limité, Juan Castañeda souhaiterait qu’un organe de supervision soit mis en place. De son côté, Mantilla annonce que des ateliers de travail seront mis en place dans les mois à venir pour peaufiner ce projet politique et permettre aux citoyens d’exprimer leurs doutes et leurs volontés.

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