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James Simons Fondation : un nouvel institut new yorkais du Big Data

Un nouvel institut de recherche privé, financé par le milliardaire James H. Simons, ouvert à New York, va développer des outils logiciels et utiliser des technologies de pointes pour résoudre des problèmes scientifiques. Dès cette semaine, les chercheurs vont déménager au Flatiron Institute, situé dans la même rue que les bureaux de la Simons Foundation, une organisation non lucrative qui finance les recherches scientifiques basiques. 

Mr Simons est un riche mathématicien philanthrope. Avec sa femme, présidente de l’association, il espère que le nouvel institut permettra de remplir une niche négligée jusqu’à présent. Depuis des décennies, les ordinateurs occupent une place essentielle dans l’astrophysique et de nombreux autres domaines scientifiques. Cependant, les programmes informatiques sont bien souvent développés par des étudiants qui les abandonne une fois diplômés. Selon Simons, ces personnes sont rarement de bons codeurs.

Or, à l’institut Flatiron, une grande partie de l’équipe sera composée de programmeurs informatiques professionnels. Ils produiront des logiciels disponibles pour les scientifiques internes, mais aussi pour quiconque pourrait en avoir besoin. Simons est persuadé qu’aucune organisation ou université ne propose un potentiel informatique équivalent.

Le Big Data pour résoudre des problèmes scientifiques

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Cet institut a vu le jour suite à un atelier de brainstorming sur les possibilités pour aider la science à avancer. C’est une physicienne et mathématicienne belge, du nom de Ingrid Daubechies, qui a suggéré de développer des outils informatiques plus puissants. Selon elle, il existe une réelle nécessité d’analyser le Big Data. Elle est persuadée que ces technologies permettrait de résoudre certains problèmes scientifiques actuels.

L’institut s’est tout d’abord concentré sur la biologie informatique. La fondation a contacté le mathématicien et médecin new-yorkais Leslie F. Greengard pour l’interroger sur les possibilités en la matière. Ils ont ensuite échangé autour d’un déjeuner. C’était il y a trois ans. La Simons Foundation a alors commencé à recruter ses propres scientifiques, pour mener des recherches en interne.

Les données des électrodes analysées pour la biologie

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L’un des projets était de développer un logiciel permettant de collecter et d’analyser les pulsations électriques enregistrées par des électrodes implantés dans des cerveaux d’animaux. Au départ, il s’agissait seulement de quelques électrodes. Désormais, ces électrodes se comptent par centaine, et bientôt par milliers.

Les scientifiques cherchent à identifier quels neurones brûlent, et à quel voltage. Il s’agit d’un défi informatique complexe. Actuellement, différents groupes de recherche utilisent leurs propres programmes informatiques personnalisés. Il est donc difficile pour les scientifiques de comparer leurs résultats entre eux, ou de les reproduire. 

La James Simons Fondation rassemble trois groupes dédiés à différents domaines scientifiques

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Le logiciel Flatiron sera disponible pour tous les scientifiques. La fondation veut monter des équipes dont la priorité est de répondre aux questions scientifiques. Les efforts menés dans les bureaux de la fondation par le docteur se sont montrés convaincants. Par conséquent, son groupe et trois autres travailleront dorénavant à l’institut.

Le professeur d’astrophysique à l’Université de Princeton, David N. Spergel, a également été invité à mené des recherches similaires pour l’astrophysique, tandis qu’un troisième groupe focalisé sur la science des matériaux est également actif. Un quatrième centre sera bientôt inauguré, mais son domaine d’activité n’est pas encore déterminé. Au total, 200 employés travailleront à temps plein avec un budget de 80 millions de dollars.

La fondation espère également libérer les scientifiques de l’institut de la pression de devoir publier des articles pour financer leur travail, très courante dans le domaine académique. Cette pression pousse souvent les scientifiques à proposer des projets fiables, plutôt que de développeur les idées plus ambitieuses et aventureuses. Grâce à cet institut, les chercheurs pourront prendre le temps nécessaire et bénéficier du budget requis.