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Maison-Blanche : une feuille de route pour l’usage de l’IA

Lors de la White House Frontiers Conference de la Maison-Blanche, Barack Obama a présenté un rapport gouvernemental dressant un état des lieux de l’intelligence artificielle et les mesures à prendre pour tirer profit de son développement.

Le 13 octobre dernier, à Pittsburgh, s’est tenue la White House Frontiers Conference, organisée par la Maison-Blanche ainsi que par deux universités, celle de Pittsburgh et la Carnegie-Mellon. Visant à promouvoir l’innovation technologique et scientifique, la conférence a rassemblé plusieurs participants de renom, dont James Park, CEO de Fitbit, Anthony Foxx, secrétaire aux transports, ainsi que le président Barack Obama. Ce dernier a annoncé le déblocage de fonds pour financer la recherche dans plusieurs domaines, dont la smart city, la santé connectée, la conquête spatiale et le changement climatique. Le président américain a également présenté un nouveau rapport gouvernemental consacré à l’intelligence artificielle.

Baptisé « Preparing for the future of artificial intelligence » (« Se préparer au futur de l’intelligence artificielle »), ce rapport dresse un état des lieux de cette technologie et des questions qu’elle soulève pour la société. Il propose ensuite des mesures pour gérer au mieux ces défis.

Le rapport de la Maison-Blanche affirme d’abord que l’intelligence artificielle, en permettant une exploitation efficiente des données, jouera un rôle très positif dans de nombreux domaines, dont la santé, les transports, l’environnement, la justice et l’économie. Il appartient donc au gouvernement de favoriser son développement et son adoption, en stimulant la discussion sur le sujet, en adaptant la régulation existante et en supportant la recherche dans ce domaine. Le gouvernement doit également lui-même développer l’usage de l’intelligence artificielle dans son fonctionnement, afin de procurer aux citoyens des services plus rapides et plus efficaces.

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La Maison-Blanche veut réguler drones et voitures autonomes

Mais l’intelligence artificielle va également chambouler plusieurs secteurs de premier plan, où des régulations ont été mises en place pour protéger les citoyens et assurer les conditions d’une concurrence juste et loyale. Ces bouleversements sont d’ores et déjà visibles dans le secteur automobile, avec le développement des voitures autonomes, et dans l’aéronautique, en témoigne l’apparition des drones dans le ciel. Selon le rapport de la Maison-Blanche, le gouvernement doit, pour chaque secteur, analyser les changements induits par l’intelligence artificielle, la diminution, ou au contraire l’augmentation de certains risques, et assouplir ou durcir son cadre législatif en fonction. Pour les voitures autonomes, par exemple, cela implique la mise en place de zones de test permettant de développer cette technologie en toute sécurité et d’adapter la régulation existante en fonction des performances observées lors de ces phases de test.

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Aider la main-d’oeuvre à s’adapter

L’intelligence artificielle va également entraîner des changements majeurs sur le marché du travail. Si elle générera globalement une hausse de la productivité et de la création de richesses, elle impliquera également, en vertu du processus de destruction créatrice, théorisé par Schumpeter, la disparition de certains emplois, surtout faiblement qualifiés, et la création de nouvelles opportunités autour de l’intelligence artificielle. Afin d’éviter un creusement des inégalités, généré par la mise au chômage des individus les moins qualifiés, il appartiendra à l’Etat d’assurer que ceux-ci bénéficient de formations leur permettant de tirer profit des nouveaux emplois créés par le développement de l’intelligence artificielle. L’éducation devra également s’adapter pour former des individus à l’aise avec le traitement de données, les sciences informatiques et les nouveaux outils générés par l’intelligence artificielle et le Big Data.

Enfin, l’intelligence artificielle est également employée dans le domaine militaire, une tendance qui va aller en s’accélérant. Il appartient donc au gouvernement américain de travailler avec les autres états pour élaborer des standards internationaux régulant l’usage des armes intelligentes. S’il ne nie pas l’ampleur des défis à relever, le rapport se montre globalement optimiste, comme l’illustre sa conclusion : « Développer et étudier l’intelligence artificielle peut nous aider à mieux comprendre et apprécier notre intelligence humaine. Utilisée à bon escient, l’intelligence artificielle peut accroître notre intelligence, et nous aider ainsi à dessiner un avenir meilleur et plus sage. »

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