Projet Pegasus : le Maroc veut pirater le smartphone d’Emmanuel Macron

L’un des numéros de téléphone de Macron qu’il utilise régulièrement depuis 2017, figure sur la liste des numéros sélectionnés par les services de renseignement marocains pour un éventuel cyberespionnage avec le logiciel espion Pegasus de NSO Group. L’information émane de Forbidden Stories qui coordonne le Projet Pegasus, une enquête menée par une coalition de 17 médias dans 10 pays.  

Le président français et son entourage dans le collimateur du Maroc 

Après la fuite de données du mouvement En Marche en 2017, Emmanuel Macron est encore une fois la cible d’une tentative de piratage, cette-fois-ci par le Maroc. En 2019, son numéro de téléphone à été intégré dans le logiciel espion Pegasus. Le logiciel est développé et vendu par NSO Group, une société israélienne de cybersécurité qui fournit son outil d’espionnage à diverses organisations comme les agences de renseignement ou des États. 

Furtivement installé sur le téléphone de la cible, ce logiciel permet à l’auteur de l’attaque d’accéder aux sms, aux mails, à l’historique d’appel ou de navigation sur Internet, à la liste des contacts ou encore à l’appareil photo et au micro. Ces informations ont été obtenues grâce à l’enquête menée de front par Forbidden Stories et 16 autres médias partenaires (Le Monde, The Washington Post, The Guardian, …) dans le cadre du Projet Pegasus. 

Avec le soutien de Security Lab d’Amnesty International, la coalition mène une enquête sur le logiciel espion de NSO Group, identifié comme étant une « arme de choix pour les gouvernements répressifs ». L’entourage du président, à l’instar d’Alexandre Benalla, son ancien chef de la sécurité et Franck Paris, son conseiller diplomatique, seraient également dans le collimateur de Pegasus.

Une imprudence de la part de l’Élysée ?

Le président Emmanuel Macron aurait installé l’application Telegram sur son téléphone pour communiquer avec son staff et les journalistes. Chose que l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) ou la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) déconseillent fortement. Ces derniers ne jurent que par des moyens de communication sécurisés et cryptés comme le Teorem. Il s’agit de terminaux ultra sécurisés permettant de chiffrer solidement les communications les plus sensibles. Ces appareils sont conçus pour les hauts fonctionnaires de l’État (dont le président) et ses collaborateurs). 

Le téléphone d’Emmanuel Macron actuellement impliqué dans l’affaire Pegasus serait le même que celui du Macronleaks. Une imprudence ? Un manque de rigueur au niveau de la sécurité présidentielle ? Les questions se posent. L’enquête menée par Forbidden Stories a permis de confirmer que le téléphone du président a été infecté sur le sol français, depuis le Maroc

Les analystes identifient la situation tendue en Algérie comme possible mobile de l’attaque, mais cela reste une hypothèse. D’autres évoquent les nombreux aller-retour du président français en Afrique durant cette période. Le Maroc chercherait peut-être à avoir un maximum d’informations sur les relations et les stratégies diplomatiques de la France. Mais encore une fois, ce ne sont que des suppositions.

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