Google : un réseau sans carbone pour les centres de données équipés de batteries ?

Google espère faire d’une pierre deux coups (et éventuellement un troisième) dans un projet pilote qu’il est sur le point de lancer sur le campus en Belgique. L’équipe du centre de données Google à Saint-Ghislain utilisera des batteries lithium-ion au lieu d’un générateur diesel comme alimentation de secours pour 3 MW de charge de calcul de production en direct. Une première pour Google.

Ancrer des réseaux électriques sans carbone

Dans ce projet, Google veut démontrer que les centres de données pourraient ancrer des réseaux électriques sans carbone. Les centres de données actuels doivent stocker beaucoup d’énergie sur site pour la sauvegarde. Le stocker sous forme de carburant diesel et le décharger uniquement en cas de panne d’électricité signifie que l’énergie reste inactive presque 100% du temps

Un réseau alimenté par des énergies renouvelables pourrait utiliser des centres de données qui y sont connectés pour stocker l’excès d’énergie renouvelable et la décharger à des moments où il n’y a pas assez d’énergie renouvelable produite.

Il s’agit de l’une des premières étapes majeures pour alimenter les centres de données Google avec de l’énergie renouvelable 24 heures sur 24, plutôt que pour faire correspondre la consommation d’énergie d’un endroit avec de l’énergie renouvelable produite ailleurs.

Transformer l’alimentation de secours

Les générateurs de secours polluants ont été un mal nécessaire dans les centres de données ou tout autre type d’infrastructure critique comme les hôpitaux. Ils sont rarement utilisés, mais inévitables. Le projet pilote en Belgique est une tentative de transformer l’alimentation de secours d’un centre de données quelconque, néfaste au climat, en quelque chose qui respecte l’environnement.

Google estime que la capacité de production totale de tous les générateurs de sauvegarde de centre de données alimentés au diesel déployés dans le monde est supérieure à 20 gigawatts, ce qui pourrait offrir de vastes opportunités de stockage d’énergie renouvelable.

Google n’est pas le seul exploitant de centre de données à vouloir se séparer des générateurs diesel. Microsoft, l’un des deux plus grands rivaux de Google sur le marché du cloud computing, s’est engagé plus tôt cette année à mettre fin à sa  dépendance au diesel d’ici 2030.

Repenser la sauvegarde de l’alimentation du centre de données

Il y a deux raisons principales pour lesquelles Google lance son pilote maintenant. Premièrement, la technologie des batteries a suffisamment mûri pour répondre aux exigences de fiabilité, de qualité et de coût du géant de la technologie. Deuxièmement, la société a récemment fait des percées dans la façon dont elle gère l’infrastructure électrique du centre de données.

Si le pilote atteint ses objectifs, il ne sera pas facile de faire évoluer le concept sur l’énorme réseau mondial de centres de données hyperscale de Google. À un niveau élevé cependant, la solution répondra toujours aux besoins fondamentaux de tous les réseaux.

Maud Texier, responsable de l’énergie sans carbone chez Google pilotera le projet. Celle-ci a refusé de nommer le fournisseur des batteries pour le pilote du centre de données Google en Belgique. L’entreprise a néanmoins déclaré que le projet utiliserait un produit qui existe déjà sur le marché, vendu par une entité assez connue, l’un des intégrateurs de stockage d’énergie dans l’industrie.

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