informatique quantique hackers

Informatique quantique : les hackers volent des données pour les décrypter dans le futur

Les États-Unis avertissent sur un danger à venir pour la cybersécurité. Les hackers amassent actuellement des données chiffrées, avec pour objectif de les déchiffrer grâce aux ordinateurs quantiques du futur. Il est impératif de se protéger dès maintenant contre cette menace.

Déjà aujourd’hui, la cybercriminalité est un véritable fléau. Il ne s’agit malheureusement que d’un début.

Les technologies du futur risquent d’accroître la menace, à l’instar de l’informatique quantique. Le gouvernement américain tire la sonnette d’alarme.

Les hackers collectent aujourd’hui des données sensibles sous une forme chiffrée, et ne peuvent donc pas les exploiter. Toutefois, à l’avenir, ils pourraient parvenir à déchiffrer ces données grâce aux ordinateurs quantiques.

Les ordinateurs quantiques peuvent contourner les algorithmes de chiffrement

Rappelons que les ordinateurs quantiques fonctionnent différemment des ordinateurs traditionnels. Plutôt que des bits composés de 1 et de 0, ils utilisent des bits quantiques pouvant représenter plusieurs valeurs simultanément.

Cette complexité permet aux ordinateurs quantiques d’effectuer certaines tâches plus rapidement, et même de résoudre des problèmes impossibles pour les ordinateurs classiques. Ces machines d’un genre nouveau pourraient notamment déjouer les algorithmes de chiffrement actuels les plus sophistiqués…

Or, ces algorithmes sont utilisés pour protéger les données les plus sensibles telles que des secrets d’État. Même si les ordinateurs quantiques sont encore émergents, chers et confrontés à des problèmes techniques, les États-Unis affirment qu’il faut commencer dès maintenant à se protéger contre ce danger futur.

Selon Dustin Moody, mathématicien du National Institute of Standards and Technology (NIST), «  la menace d’un pays ennemi obtenant un large ordinateur quantique et devenant capable d’accéder à vos données est réelle « .

Le spécialiste explique que les données chiffrées dérobées risquent d’être conservées jusqu’à l’obtention d’un ordinateur quantique capable de les décrypter. Il affirme que des pays étrangers amassent déjà ces informations avec détermination, et que les gouvernements le savent bien.

Les États-Unis appellent à créer des algorithmes  » quantum-proof  » dès à présent

Face à ce danger, les États-Unis cherchent à développer et à déployer de nouveaux algorithmes de chiffrement pour protéger les secrets contre les ordinateurs quantiques du futur. Le Department of Homeland Security déclare notamment mener la longue et difficile transition vers la cryptographie  » post-quantum « .

Ainsi, Tim Maurer, consultant en cybersécurité et technologies émergentes pour Homeland, explique que  » nous ne voulons pas finir dans une situation où nous nous réveillons un matin face à une révolution technologique, et devoir effectuer trois ou quatre années de travail en quelques mois – avec tous les risques additionnels associés à cela « .

Le DHS a récemment publié une feuille de route pour sa transition, appelant notamment à cataloguer les données les plus sensibles dans le secteur public et le secteur privé. Selon Maurer, il s’agit d’une première étape essentielle pour vérifier quelles organisations ont besoin d’aide ou de conseils pour prendre les mesures adéquates.

L’informatique quantique : une nouvelle arme dans la cyberguerre mondiale ?

Selon les experts, il faudra patienter au moins une décennie pour que les ordinateurs quantiques soient fonctionnels et utiles. Toutefois, les investissements coulent à flots aux États-Unis et en Chine. La course au quantique a commencé, et le but est aussi de concevoir de solides défenses contre les futures attaques basées sur cette technologie.

Depuis 2016, les États-Unis et le NIST organisent un concours visant à produire les premiers algorithmes de défense capables de résister aux machines quantiques d’ici 2024.

Le développement de nouvelles méthodes cryptographiques est une tâche longue et fastidieuse, et il peut être difficile de convaincre les entreprises d’investir dans la défense contre une technologie future qui ne représente pas encore de menace concrète.

Toutefois, si les entreprises attendent que le danger soit bien présent, il sera déjà trop tard. La précipitation pourrait même causer des accidents.

Tandis que les entreprises peinent à prendre ce risque en considération, de nombreuses startups spécialisées dans la cryptographie post-quantique voient le jour et une véritable industrie se développe peu à peu. Les officiels du DHS recommandent toutefois d’éviter d’acheter les produits de ces startups, dont la fiabilité est difficile à vérifier.

Dans un document publié le mois dernier, Homeland appelle les organisations à attendre des solutions commerciales solides et standardisées implémentant les recommandations du NIST.

En France, malheureusement, le gouvernement et le secteur privé ne semblent pas prendre la mesure du danger induit par l’informatique quantique. Si rien ne change dans les années à venir, il est probable que l’Europe soit confrontée à une grave crise de cybersécurité lorsque les machines quantiques se démocratiseront.

Nous serons alors incapables de protéger correctement les données personnelles, la propriété intellectuelle ou même les secrets d’État. Les conséquences pourraient être désastreuses…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest