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Ironie du sort : le RGPD aide les publicitaires à mieux vous pister

Le RGPD a fortement réduit le nombre d’internautes partageant leurs données avec les publicitaires. Cependant, les consommateurs qui partagent encore leurs données ont davantage de valeur puisqu’ils n’ont rien à cacher…

Depuis l’entrée en vigueur du RGPD, l’Union européenne a permis aux individus de mieux contrôler leurs données personnelles. En conséquence, le volume d’informations collectées en ligne a fortement diminué.

En deux ans, 10,7% d’utilisateurs ont cessé de partager leurs données personnelles grâce au RGPD. Rappelons en effet que la loi confère à tout citoyen de l’UE le droit de savoir comment ses données sont collectées, traitées et protégées par une entreprise. Il est également possible d’exiger la suppression de ces informations.

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Cependant, paradoxalement, une nouvelle étude du MIT révèle que le volume de données collectées à augmenter pour les utilisateurs qui n’ont pas refusé le partage. Ainsi, la  » traçabilité  » des utilisateurs restants aurait augmenté d’environ 8% depuis l’adoption du RGPD.

Selon le professeur d’économie Tobias Salz du MIT, auteur de l’étude,  » les utilisateurs restants suite au RGPD ont en moyenne une valeur plus importante pour les publicitaires « . Malgré une baisse générale des revenus publicitaires basés sur les données, certaines pertes ont donc été compensées.

Pour mener cette enquête, les chercheurs du MIT et de l’Université de Columbia ont étudié une entreprise de publicité anonyme qui enregistre les recherches de mots clés et les achats pour des agences de voyages en ligne. Ces données ont été collectées entre le 1er janvier et le 31 juillet 2018, tandis que le RGPD est entré en vigueur en mai 2018.

À l’ère du RGPD, les internautes qui partagent encore leurs données ne cachent rien

Les entreprises spécialisées dans la publicité en ligne, comme celle analysée par le MIT, mesurent le nombre de  » conversions  » (à savoir les clics sur une publicité menant à un achat). Pour ce faire, ils utilisent notamment les fameux  » cookies  » permettant de suivre le comportement d’un internaute sur les sites web qu’il visite.

Depuis l’adoption du RGPD, le nombre de cookies uniques a diminué de 12,5%. Les publicitaires ont donc largement moins de données à exploiter pour générer des revenus.

Cependant, les utilisateurs restants sont ceux qui n’utilisent pas les outils de protection de la confidentialité. Or, ce type d’internaute représente une plus grande valeur puisque le publicitaire peut suivre son comportement dans les moindres détails. Il est donc possible de développer des campagnes marketing totalement personnalisées et donc plus efficaces.

C’est la raison pour laquelle la  » traçabilité  » a augmenté de 8% avec la disparition des internautes les plus soucieux de leur confidentialité. Avant le RGPD, ces internautes pouvaient se tourner vers des logiciels de type AdBlocker ou navigation privée.

En conclusion, les chercheurs estiment que l’utilisation des données par les publicitaires est une arme à double tranchant. Elle peut permettre le ciblage publicitaire, et donc l’affichage de publicités véritablement pertinentes pour les internautes.

En revanche, les données peuvent aussi être exploitées malhonnêtement pour personnaliser les prix en fonction des ressources de l’utilisateur. Il s’agit donc d’un aspect néfaste pour le consommateur…