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Vous avez une Tesla ? Voici comment les employés partagent vos vidéos intimes

Les employés Tesla se partagent allègrement les vidéos capturées par les caméras embarquées dans les véhicules de la firme. Les images d’accidents, d’agressions et autres situations intimes sont détournées dans l’hilarité générale. Découvrez tout ce que vous devez savoir sur ce grave scandale !

Avec un prix minimum de 40 000 euros en France, il semble normal que Tesla respecte ses clients et les traite avec la plus haute considération.

Pourtant, Reuters révèle que les employés se partagent et se moquent des vidéos privées capturées par les caméras des véhicules.

À l’origine, ces caméras embarquées par toutes les voitures Tesla sont utilisées pour les fonctionnalités de pilotage automatique.

Toutefois, il s’avère qu’elles servent aussi à divertir les salariés de l’entreprise. Entre 2019 et 2022, de nombreuses images ont été partagées via les systèmes de messagerie interne de l’entreprise.

Ces vidéos mettent en scène de graves accidents, des disputes entre automobilistes, ou même des scènes encore plus embarrassantes comme un homme nu approchant d’un véhicule.

Certains employés sont même allés jusqu’à créer des memes en utilisant des captures d’écran et les ont partagé au sein de groupes de discussion.

Pire encore : selon un ancien employé, plusieurs des vidéos partagées ont été enregistrées pendant que les véhicules étaient éteints.

Il affirme que « nous pouvions voir à l’intérieur des garages des gens et de leur propriété privée ». Par exemple, « si un client Tesla avait un élément distinctif dans son garage, les gens le postaient ». L’une des vidéos présentait par exemple une collection de sex toys…

Cette pratique ahurissante a été permise par l’ancienne politique de Tesla, autorisant l’entreprise à recevoir des enregistrements de véhicules éteints si les clients signaient le contrat sans s’y opposer.

Une enquête de la Dutch Data Protection Authority (DPA), équivalent néerlandais de la CNIL, a révélé que les Tesla « filmaient souvent toute personne approchant de la voiture ». Ce n’est qu’en 2023 que la firme a désactivé les caméras par défaut…

Faut-il se méfier du Mode Sentinelle ?

Le Sentry Mode ou Mode Sentinelle a été lancé en 2019, présenté comme un moyen d’alerter les conducteurs en cas d’activité suspecte autour de leurs véhicules garés et de stocker les incidents enregistrés sur la mémoire embarquée.

Cette fonctionnalité a été mise à jour en 2021, afin de permettre d’utiliser la caméra pour diffuser les images en livestream sur l’application Tesla.

Sur la page du site officiel dédiée à cette fonctionnalité, Tesla affirme que « les enregistrements du Sentry Mode ne nous sont pas transmis ». Elle promet aussi que les livestreams sont chiffrés de bout en bout et inaccessibles pour l’entreprise.

Suite à l’enquête de la DPA, de nouvelles fonctionnalités de confidentialité ont été ajoutées. Désormais, les caméras ne commencent à enregistrer que quand le véhicule est touché et non quand il détecte une activité suspecte.

De plus, les passants sont désormais avertis quand le véhicule commence à enregistrer par un clignotement des phares. Le but est d’améliorer la transparence et le respect de la confidentialité.

Outre les Pays-Bas, le Mode Sentinelle suscite aussi la controverse en Allemagne. L’association de consommateurs VZBZ a déposé plainte, affirmant que cette fonctionnalité « enfreint les lois de protection des données ».

De même, les véhicules Tesla ont été bannis du quartier Beidaihe de la ville de Quinhuangao en Chine en 2022 par peur que les caméras capturent une réunion privée entre les dirigeants du pays. Pour les mêmes raisons, l’armée chinoise a banni les voitures de cette marque en 2021.

Quand les géants de la tech s’infiltrent dans nos vies privées

Ces révélations sur Tesla sont choquantes, mais pas surprenantes. Pour cause, c’est loin d’être la première fois qu’une entreprise du monde de la tech espionne ses clients.

Au cours des dernières années, les caméras Amazon Ring ont été surveillées par les employés, au même titre que les enregistrements de l’assistant vocal Alexa.

Il en va de même pour les enregistrements du Google Assistant ou les conversations de Microsoft Skype et Facebook Messenger, écoutés par des sous-traitants en toute tranquillité.

Les fabricants de caméras s’autorisent aussi l’accès aux données de leurs appareils. En 2021, des hackers ont découvert une porte dérobée secrète sur les 150 000 caméras Verkada installées dans le monde entier.

Auparavant, en 2017, un chercheur s’est aperçu que le fabricant chinois Hikvision pouvait consulter le flux de n’importe laquelle de ses caméras. La firme détenait 12% du marché aux États-Unis, mais a ensuite été bannie du pays.

Les raisons pour lesquelles les entreprises accèdent à ces données varient. Il peut s’agir d’entraîner les algorithmes d’intelligence artificielle, notamment en labellisant les images capturées par les caméras.

Toutefois, le voyeurisme pousse de nombreux cadres et employés à abuser de ce pouvoir pour surveiller et espionner les clients en catimini.

Il est donc important de comprendre que l’achat d’un produit doté d’une caméra ou d’un micro connectés à internet revient à renoncer à sa confidentialité.

En acceptant un tel appareil dans votre vie, vous ouvrez la porte aux fabricants et potentiellement à des hackers ou aux autorités pouvant exiger l’accès à ces données privées…

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