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Tinder, GrindR et OKCupid accusés de vendre vos données intimes

Selon une étude menée par le Norwegian Consumer Council, les applications mobiles de rencontre Grindr, Tinder et OKCupid partagent les données personnelles de leurs utilisateurs avec des dizaines de tiers. Une plainte a été déposée pour non-respect du RGPD.

Les applications mobiles de rencontre peuvent vous aider à trouver le grand amour, mais elles peuvent aussi permettre à des multinationales de vous envoyer des publicités ciblées. C’est ce que dévoile un rapport publié par le Norwegian Consumer Council intitulé  » Out of Control: How Consumers Are Exploited by the Online Advertising Industry ”.

Ce document révèle que plusieurs applications de rencontre parmi les plus populaires collectent les données de leurs utilisateurs et les revendent à des tiers. Cette pratique serait notamment adoptée par Grindr, Tinder et OKCupid.

Pour mener cette enquête, le Norwegian Consumer Council a passé en revue de nombreuses applications. Ce sont les versions Android qui ont été inspectées, mais les applications incriminées sont aussi disponibles sur iOS.

Les chercheurs ont alors découvert que Grindr partage la longitude et la latitude de ses utilisateurs avec des dizaines d’entreprises spécialisées dans la publicité. De son côté, Tinder communique à des tiers le genre de ses utilisateurs, et par quel genre ils sont attirés sexuellement. Enfin, OKCupid ne fait pas dans la dentelle et communique les informations intimes sur ses utilisateurs à plus de 300 partenaires.

Tinder, GrindR et OKCupid soupçonnés d’enfreindre le RGPD

Il convient de préciser que le Match Group, qui détient Tinder et OKCupid, précise dans ses conditions d’utilisation que les informations de  » certains utilisateurs  » peuvent être partagées avec des fournisseurs de service, des partenaires et éventuellement avec les autorités.

Ceci concerne aussi les autres applications du groupe, comme Match.com et PlentyOfFish. Cependant, il n’est pas précisé quelles informations sont partagées et dans quelles circonstances. Par le passé, Tinder a déjà été accusé de vendre ses données à un Data Broker.

De son côté, Grindr avait déjà défrayé la chronique en 2018 à cause du partage d’informations intimes comme les préférences sexuelles ou la séropositivité de ses utilisateurs. La firme avait alors promis de ne plus partager de données si personnelles, sans toutefois cesser complètement la vente d’informations.

Parmi ses partenaires, on compte notamment le service publicitaire de Twitter, MoPub, qui partage ses données avec plus de 180 tiers. Lesquels, bien entendu, partagent ensuite à nouveau les données avec leurs propres partenaires. Autant dire que Grindr n’est pas le meilleur confident que vous pouvez choisir si vous tenez à ce que votre vie sexuelle reste secrète…

En réaction au rapport publié par le Norwegian Consumer Council, Grindr a affirmé au New York Times ne pas encore avoir consulté le document. De son côté, Match Group explique ne partager de données avec des tiers que lorsque cela est nécessaire pour améliorer ses services. Les deux entreprises rappellent par ailleurs qu’elles mettent tout en oeuvre pour protéger la confidentialité de leurs utilisateurs…

Quoi qu’il en soit, ces déclarations ne semblent pas convaincre les chercheurs à l’origine de l’étude. Ces derniers estiment que les trois applications enfreignent le RGPD européen, et viennent de déposer plainte. On ignore pour l’instant si les autorités de protection des données décideront de prononcer des sanctions…

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