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Véhicules autonomes : le stockage de données est un véritable problème

Quel volume de stockage sera nécessaire pour les données générées par les véhicules autonomes ? Une question sur laquelle personne ne semble se mettre d’accord à l’heure actuelle dans l’industrie…

Demain, les véhicules autonomes envahiront les routes du monde entier. Ces véhicules utiliseront et généreront des volumes massifs de données par le biais de leurs multiples capteurs : caméras, radars, instruments lidar, outils de monitoring

Certains modèles embarquent aussi des données dès la sortie de l’usine, notamment pour les systèmes infotainment embarqués. De fait, des systèmes permettant le stockage de ces données devront impérativement être mis en place.

Pour l’heure, cependant, on ignore quel espace de stockage sera nécessaire pour les données des véhicules autonomes. Et ceci constitue l’une des grandes inconnues de cette industrie naissante.

Les conséquences d’une erreur d’estimation peuvent être désastreuses. Pour s’en rendre compte, il suffit de prendre l’exemple de Tesla et de son Media Control Unit (MCU). Cette unité permettant le contrôle de l’écran tactile, intégrée aux modèles S et X de 2010 à 2019, est équipé d’une carte flash EMCC 8GB sur laquelle est stockée le firmware du système.

Or, si ce firmware ne pesait que 300MB au en version 1, sa taille a augmenté pour atteindre 1GB. Les clients dont la garantie était expirée ont dû faire remplacer la carte MCU à leurs frais pour 3000 dollars. Désormais, les nouveaux Tesla sont équipés d’une carte 32GB.

Toutefois, pour l’heure, personne n’arrive à se mettre d’accord sur le volume nécessaire au stockage des données de voitures autonomes. Selon Mark Pastor de Quantum, les véhicules autonomes de test génèrent généralement entre 5TB et 20TB de données par jour. Ce volume devrait toutefois être réduit pour les véhicules opérant normalement, en conditions réelles.

De son côté, Stan Dmitriev de l’entreprise Tuxera développant des systèmes de stockage pour automobiles, un véhicule autonome pourra générer plus de 300TB par an soit moins d’un TB par jour.

Bien entendu, le volume de données généré est proportionnel au niveau d’autonomie du véhicule (compris entre 0 et 4). Selon Dmitriev, un véhicule de niveau L2 sera limité à environ 25GB par heure soit 0,3TB par jour.

Lors du CES de janvier 2020, Seagate a quant à lui révélé qu’un véhicule équipé de son logiciel Renovo peut générer jusqu’à 32TB par jour. Ces données seront collectées et stockées en périphérie du réseau (edge) avant d’être transférées vers le Cloud.

Ainsi, en fonction des experts interrogés, les estimations varient de 5TB à 32TB par jour. Autant dire qu’aucune certitude n’existe à ce jour sur le sujet.

Véhicules autonomes : quel type de système pour le stockage de données ?

La seconde question qui se pose est de savoir  » comment  » stocker ces données. Le stockage peut être centralisé, distribué, ou bien hybride.

Dans le cas d’une architecture distribuée, le stockage sera nécessaire pour chaque élément. Dans un schéma centralisé, toutes les données seront regroupées sur un même support. Enfin, un système hybride reposerait à la fois sur un appareil central et de multiples appareils tiers.

De manière générale, les véhicules autonomes seront aussi connectés à distance avec un tiers tel le fabricant ou un opérateur de flotte par exemple. Les données seront transmises vers ce tiers qui enverra lui aussi des informations telles que des alertes trafic au véhicule.

Néanmoins, les données devront obligatoirement être stockées à l’intérieur du véhicule. Pour cause, la voiture aura besoin d’accéder aux données en temps réel pour prendre des décisions telles que le freinage en cas d’obstacle. De plus, une panne du réseau de communication n’est jamais à exclure.

Si l’on se fie aux estimations de Seagate avec une génération de données élevée à 32TB par jour, une capacité de 960TB sera nécessaire pour stocker les données sur une période de 30 jours avant de les effacer.

De toute évidence, un disque dur n’est pas un support adapté à l’environnement vibrant d’une voiture et aux larges écarts de température. De plus, ce type de système peut être trop lent pour retrouver les données nécessaires aux prises de décision immédiates.

Il serait donc préférable de se tourner vers un stockage flash, nettement plus onéreux. Un SSD 960TB augmenterait ainsi le coût du véhicule à hauteur de plusieurs dizaines de milliers de dollars

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