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Terrorisme et Big Data – Le Big Data pour lutter contre le risque d’attentats

Le terrorisme est l’un des principaux problèmes du 21ème siècle à l’échelle mondiale. La menace est omniprésente et les attentats peuvent survenir à tout moment. Pour lutter contre ce fléau, le Big Data se présente comme un atout précieux. Dans l’Union Européenne, et dans les autres grandes puissances de la planète, les technologies analytiques sont utilisées pour anticiper le terrorisme et la menace d’attentats. Découvrez la relation entre terrorisme et Big Data.

Terrorisme et Big Data : l’impact des technologies analytiques sur la sécurité

On parle bien souvent de la façon dont le Big Data révolutionne les entreprises, mais moins souvent de la façon dont cette technologie peut être appliquée au domaine de la sécurité et de la surveillance. Dans un futur proche, il sera possible de prédire les attaques terroristes en combinant des informations en provenance des réseaux sociaux, des recherches internet, des achats effectués et de la géolocalisation des smartphones.

En effet, comme tout le monde, les terroristes génèrent de plus en plus de données. Depuis leurs smartphones, mais aussi par l’intermédiaire de la surveillance satellite, des caméras de surveillance et des capteurs intégrés aux véhicules, tout ce que ces êtres malfaisants font sur internet peut être suivi, stocké et analysé. Ainsi, grâce à la technologie d’analyse prédictive, reposant sur les techniques statistiques, le machine Learning et le forage de données, il est possible d’analyser les faits courants et historiques pour prédire les événements futurs. Par exemple, il est possible d’anticiper les agissements terroristes et autres menaces de sécurité.

Dans plusieurs pays, les forces de police analysent Twitter et les SMS pour anticiper le terrorisme, et utilisent des algorithmes pour déterminer à quel endroit doivent patrouiller les officiers en fonction des agissements des suspects. Bien entendu, l’utilisation des analyses prédictives pour la prévention terroriste risque d’avoir un impact profond sur nos sociétés et nos démocraties. Même si les algorithmes permettent de prédire avec précision les futurs attentats, certaines personnes innocentes risquent d’être considérées à tort comme des suspects. Il est nécessaire de trouver un moyen de minimiser les risques d’erreurs.

Terrorisme et Big Data : le Big Data permet de prédire les attentats avec 90% de précision

La surveillance des réseaux sociaux et des télécommunications n’est plus aussi efficace que par le passé pour lutter contre la menace terroriste. Les terroristes sont désormais plus prudents et se méfient des autorités. Désormais, la clé pour prédire les attentats semble être le Big Data. Les chercheurs de l’Université de Binghamton de New York ont développé un Framework permettant de repérer les patterns de comportements terroristes à partir des précédentes attaques.

Le Networked Pattern Recognition Framework (NEPAR) permet de prédire les futures attaques mais aussi de détecter les terroristes potentiels pour tenter de les arrêter à temps. En se basant sur les données issues de plus de 150 000 attaques terroristes survenues entre 1970 et 2015, l’étudiant Salih Tutun a développé un Framework permettant de calculer les relations entre les attaques terroristes (l’heure, le type d’arme utilisé) et de détecter les comportements terroristes à partir de ces connexions.

Le Framework permet tout d’abord de développer des réseaux de connexion entre les évènements, puis d’utiliser une approche unifiée pour reconnaître les patterns. En comparant les résultats avec les données existantes, la méthode se révèle être précise à hauteur de 90% pour prédire les futures attaques terroristes. De plus, elle permet d’identifier les extensions des attaques avec une précision de 90%, d’identifier les attaques multiples à 96%, et de comprendre les objectifs des terroristes à 92%.

Selon Tutun, si la prédiction d’attaques terroristes est une utopie, les patterns peuvent néanmoins permettre de sécuriser un secteur efficacement. D’après lui, si l’on parvient à résoudre le problème à Bagdad, il est possible de résoudre le problème en Irak. Si le problème en Irak est résolu, le problème au Moyen-Orient est résolu. Et si la crise du Moyen-Orient est résolue, c’est un problème mondial qui est résolu, car les mêmes patterns d’attaques terrosites à Bagdag se retrouvent à New York.

Terrorisme et Big Data : en Israël, le Big Data comme moteur de la lutte anti-terroriste

Selon Ronen Horowitz, ancien chef de l’Israel Security Agency, le Big Data a été beaucoup utilisé par l’armée et les agences de surveillance israéliennes pour traquer les ennemis de l’Etat, y compris certains leaders de Hamas tués pendant l’intervention dans la Bande de Gaza en 2016. D’après lui, les données non structurées comme les vidéos, les images, les textes et les discours ont été utilisées par l’armée israélienne pour suivre et tuer les ennemis.

De grandes sommes sont investies par Israël dans ces technologies afin d’utiliser ces informations pour les convertir en informations exploitables pour lutter contre le terrorisme. Le pays semble largement en avance dans ce domaine par rapport aux autres régions du monde.

Terrorisme et Big Data : les pays membres de l’Union européenne utilisent le Big Data pour déployer différentes mesures

Face à la recrudescence d’attaques meurtrières, l’Union Européenne compte mettre en place des alliances avec plusieurs pays musulmans pour lutter contre le terrorisme. Cependant, il est très difficile de déployer des mesures à l’échelle de l’Union européenne, car chaque pays emprunte une direction différente. De plus, seuls les pays membres disposent de services de surveillance suffisamment développés pour faire face à la menace sécuritaire.

Ainsi, la France a décidé d’isoler les prisonniers islamistes et prendre des mesures de collecte d’informations plus importantes. Par exemple, les noms des passagers d’avions sont désormais enregistrés. En Belgique, les lois sur les écoutes ont été assouplies pour permettre aux autorités d’agir plus rapidement. Les criminels terroristes sont désormais déchus de la nationalité belge. En Allemagne, les cartes d’identité des extrémistes potentiellement violents sont confisquées plus longtemps qu’avant, et les autorités surveillent davantage de fréquences de communication mobile.

Au Royaume-Uni, les agences de sécurité ont plus de pouvoir pour surveiller internet et les données mobiles. En Italie, des mesures de prévention personnelles peuvent être utilisées par la police contre les individus soupçonnés d’être des terroristes. Les contrôles sur le web sont renforcés par le biais d’actions spécifiques, comme la création d’une liste noire pour les sites suspectés d’être pro jihad. En Espagne, les lois de Schengen ont été modifiées pour autoriser des contrôles aux frontières pour les personnes soupçonnées d’être terroristes.

Pour toutes ces mesures, allant de la confiscation des documents de voyage des suspects à la réformation de l’espace Schengen, le Big Data constitue un élément moteur. S’il est bien utilisé, le Big Data pourrait effectivement permettre d’arrêter le terrorisme ou de réduire fortement la menace d’ici 10 à 20 ans.

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