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Allemagne : le chef de la cybersécurité est-il un espion russe ?

Le chef de la cybersécurité allemande serait poussé dehors par le gouvernement, selon les médias. Il est accusé de liens avec les services d’espionnage de Russie, notamment un ancien membre du KGB. Une découverte inattendue, qui laisse planer le doute sur le niveau réel de cybersécurité de l’UE…

Entre l’efficacité toute relative des sanctions contre la Russie et l’impuissance face aux provocations de Vladimir Poutine, l’Europe semble avoir perdu sa crédibilité depuis le début de la guerre en Ukraine.

Contraints à la sobriété énergétique suite à la rupture avec la Russie, beaucoup de Français et d’Européens tendent à penser que les sanctions se retournent contre nous. À présent, un grave incident survenu en Allemagne risque de discréditer l’UE encore un peu plus

Selon les médias allemands, la ministre de l’intérieur Nancy Faeser veut renvoyer le directeur de la cybersécurité. Pour cause : Arne Schönbohm est accusé de contact avec des individus directement liés à l’agence d’espionnage de Russie.

arne schonbohm

Le directeur du Federal Office for Information Security (BSI), l’agence fédérale responsable de la cybersécurité du pays, serait en effet connecté à des agents des services de sécurité de Russie. Les journaux allemands citent des sources anonymes proches du gouvernement.

Une récente enquête aurait révélé que Schönbohm est membre d’une association technologique fortement critiquée pour ses liens avec la Russie. L’un des membres de l’association est une entreprise allemande, filiale d’une firme de cybersécurité russe fondée par un ancien employé du KGB.

Suite aux révélations des médias, le ministère de l’intérieur a déclaré « prendre très au sérieux les problèmes rapportés au cours du weekend et mener l’enquête ». C’est la preuve irréfutable que la rumeur est loin d’être infondée

Alors que Faeser et Schönbohm devaient apparaître ensemble pour présenter le BSI Situation Report 2022, l’événement prévu ce jeudi 13 octobre 2022 a été annulé.

La loi interdit de renvoyer le président du BSI

Selon le quotidien Bild, le Ministère de l’intérieur a déjà annoncé vouloir changer rapidement le président du BSI. Les autorités allemandes n’auraient pas l’intention de le renvoyer, mais plutôt de lui assigner un nouveau rôle. Pour cause, la loi limite le renvoi des fonctionnaires.

Le contact entre Schönbohm et les agents russes auraient eu lieu par le biais du Conseil de Cyber Sécurité d’Allemagne. Il aurait aidé à fonder le groupe, dont l’un des membres est une filiale du KGB.

De son côté, Schönbohm affirme que ces accusations sont « absurdes ». Ce n’est pas l’avis de Konstantin von Notz, directeur de comité de supervision des services de renseignement du Bundestag, estimant que « ces accusations doivent définitivement être examinées ».

Un groupe de cybersécurité très controversé

Le Conseil de Cyber Sécurité fondé par Schönbohm est très controversé. Pour cause, l’un des membres est l’entreprise de cybersécurité Protelion.

Jusqu’à la fin du mois de mars 2022, cette entreprise faisait affaire avec Infotecs GmbH. Or, il s’agit d’une filiale de la firme russe O.A.O Infotects gérée par un ancien membre du KGB.

Au fil des dernières années, l’Allemagne a pourtant accusé la Russie de cyberattaques. En 2015, les hackers ont notamment pris pour cible le parlement allemand Bundestag…

Le ministère de l’Intérieur aurait exigé que Schönbohm prenne ses distances avec le Conseil, mais il aurait récemment visité le groupe pour célébrer son anniversaire. C’est ce qui aurait provoqué la fureur du gouvernement.

Le loup dans la bergerie ?

L’Allemagne est considérée à bien des égards comme le leader de l’Union européenne. Notre voisin est donc censé montrer l’exemple dans le domaine de la cybersécurité.

Pourtant, même le directeur national de la cybersécurité est de mèche avec la Russie. Alors que la cyberguerre est d’une importance cruciale dans le conflit entre l’Ukraine et la Russie, les conséquences pourraient être catastrophiques.

Il reste peu probable que Schönbohm fournisse des informations confidentielles aux espions russes, ou qu’il révèle des vulnérabilités de l’UE aux espions russes. Toutefois, c’est un risque qui ne peut tout simplement pas être pris.

Des milliards d’euros sont investis dans la protection des données, dans le chiffrement, et il suffirait de la trahison d’un seul homme pour que toute cette technologie ne soit d’aucune utilité.

Ainsi, on peut se demander quel est le niveau réel de cybersécurité de l’Union européenne. Si même l’Allemagne peut présenter une telle vulnérabilité, d’autres pays de l’UE pourraient être encore plus exposés aux hackers russes…

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