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Blizzard collecte en secret des données sur ses employées enceintes

Blizzard et bien d’autres entreprises américaines collectent secrètement des données sur leurs employées enceintes par le biais d’applications mobiles comme Ovia Health. C’est ce que révèle une étude alarmante menée par le Washington Post…

Depuis son lancement en 2012, l’application mobile Ovia Health, anciennement Ovuline, est parvenue à cumuler plus de 10 millions d’utilisateurs. Cette appli permet aux femmes enceintes de suivre leur niveau de fertilité et le déroulement de leur grossesse. Ovia Health est leader de ce marché, devant ses concurrents tels que Glow, Clue ou Flo.

Selon le développeur, basé à Boston, cette application permet de réduire le risque de fausses couches à hauteur de 30%, d’augmenter le taux de naissances naturelles du même pourcentage, et de mieux détecter la dépression post-partum.

Cependant, depuis trois ans, cette application cache une facette plus sombre. C’est à cette époque que l’entreprise a décidé de changer de modèle économique, après avoir été contactée par des compagnies d’assurance et des entreprises de grande taille. C’est ce que révèle le Washington Post au travers d’une longue enquête.

Pour les dirigeants de ces entreprises, les données collectées par les applications dédiées à la grossesse ont beaucoup de valeur. Elles peuvent par exemple leur permettre de maîtriser les risques de complication de grossesse, et donc d’éviter les coûts liés à d’éventuels imprévus pouvant entraîner une ITT. Rappelons en effet que les entreprises américaines financent les primes de santé versées aux assureurs à hauteur de 80%.

Depuis ces échanges avec les assureurs et les entreprises, les conditions d’utilisation d’Ovia Health précisent que la firme s’accorde le droit d’exploiter anonymement les informations récoltées. Ainsi, le développeur s’octroie notamment la liberté de vendre les données collectées par son appli aux employeurs des utilisatrices. Une pratique discutable, que pourrait ignorer une personne qui lirait les conditions d’utilisation un peu rapidement…

Blizzard surveille la vie sexuelle et la grossesse de ses employées grâce à Ovia Health

Certaines entreprises vont encore plus loin en payant 1 dollar par jour à leurs employées enceintes pour pouvoir accéder à leurs données de grossesse. Parmi elles, on compte notamment Activision Blizzard : le développeur des jeux vidéo World of Warcraft, Overwatch, Candy Crush ou encore Call of Duty. Selon le chargé des ressources humaines de l’entreprise, Milt Ezzard, cette collecte de données a permis d’économiser 1200 dollars de frais de santé par employée.

Cependant, les informations auxquelles Ovia Health ouvre l’accès aux employeurs sont particulièrement intimes. Il est notamment possible de consulter leur temps de sommeil, leur régime alimentaire, leur humeur, les articles qu’elles lisent sur l’appli, ou même la fréquence des rapports sexuels.

De même, il est possible de suivre le déroulement de la grossesse et le développement du bébé. Toutes ces données sont anonymisées, mais il est possible de retrouver facilement l’identité des utilisatrices en recoupant ces informations avec celles que possède déjà l’employeur.

De plus, selon Deborah C. Peel, psychiatre et fondatrice de l’association texane de défense du droit à la vie privée des femmes enceintes Patient Privacy Rights, cette application risque d’encourager la discrimination contre les mères de famille en entreprise.

De son côté, suite à la publication de cette enquête par le Washington Post, Ovia assure que sa pratique de collecte de données respecte le règlement américain Hipaa pour la protection des données de santé. Fort heureusement, dans l’Union européenne, de telles pratiques d’espionnage commercial sont interdites par le RGPD

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