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COVID-19 : une Data Scientist crie au complot, 10 policiers assaillent son domicile

Vérité embarrassante ou dangereux mensonge ? Le domicile d’une Data Scientist, anciennement employée par l’État de Floride, a été pris d’assaut par la police. Rebekah Jones aurait accusé le gouvernement de minimiser l’ampleur de la crise du COVID-19, et tous ses ordinateurs et smartphones ont été confisqués…

Le 10 novembre 2020, selon la déclaration sous serment d’un enquêteur, un individu accédait illégalement au système de gestion d’urgence de l’Etat de Floride afin d’adresser un message à 1750 officiels du gouvernement.

À travers ce message, l’individu les exhortait à s’exprimer ouvertement concernant la crise du COVID-19 :  » il est temps de parler avant que 17 000 autres personnes décèdent. Vous savez que c’est mal. Vous n’avez pas à prendre part à cela. Soyez un héros. Parlez avant qu’il soit trop tard « .

Ce message a été tracé par le gouvernement, et relié à l’adresse IP de Rebekah Jones : une Data Scientist anciennement employée par le Département de la Santé de Floride et renvoyée en mai dernier. Lundi 7 décembre 2020, la police a pris d’assaut son domicile.

Une dizaine de policiers a débarqué dans la maison située à Tallhassee vers 8h30, et une vidéo enregistrée par la caméra de surveillance montre un officier pointant son arme vers un escalier. Selon Jones, il tenait en joue sa fille de 2 ans, son fils de 11 ans et son mari.

La Data Scientist affirme que les policiers ont aussi pointé leurs armes vers sa tête. Ils ont ensuite saisi tous ses ordinateurs, son téléphone, plusieurs disques durs et une clé USB.

La porte-parole des autorités de Floride, Gretl Plessinger, affirme de son côté que les agents ont frappé à la porte et ont appelé Rebekah Jones à plusieurs reprises avant d’entrer. Elle aurait toutefois refusé de sortir pendant 20 minutes. La représentante ne précise pas pourquoi les policiers ont dégainé leurs armes.

De son côté, Rebekah Jones assure qu’elle n’a pas accédé au système de messagerie du gouvernement et n’a pas envoyé le message en question. Selon elle, ce message ne correspond en rien à sa façon de s’exprimer et contient des erreurs qu’elle n’aurait jamais commises.

En guise d’exemple, elle cite  » le nombre de morts inférieur à la réalité à hauteur de 430 décès « . La Data Scientist précise aussi qu’elle «  n’est pas un hacker « .

La Data Scientist accuse la Floride d’avoir minimisé l’ampleur de la crise du COVID-19

Parmi les disques durs saisis par la police, Jones précise toutefois que certains contenaient  » des preuves que le gouvernement de Floride a menti en janvier 2020 sur des éléments comme les rapports internes et les consignes du CDC « .

Les appareils confisqués contenaient aussi  » des preuves d’activités illégales du gouvernement « . Néanmoins, l’ancienne employée assure qu’elle a accédé légalement à ces documents et que certains lui ont été envoyés après qu’elle ait quitté son poste.

Cette Data Scientist a aidé à développer le tableau de bord de données sur le COVID-19 de la Floride. Elle a été renvoyée en mai, selon elle à cause d’un refus de truquer les chiffres et de minimiser l’ampleur de l’épidémie.

De son côté, le département de la santé nie ces accusations et affirme avoir renvoyé l’experte «  à cause de son insubordination et de ses prises de décisions de modifier le tableau de bord sans permission des épidémiologistes ou de ses supérieurs « .

Suite à ce renvoi, elle a ensuite lancé son propre tableau de bord sur les données du coronavirus pour la Floride. Ce site web tournait sur l’un des ordinateurs saisis lors de la perquisition.

Toujours selon Rebekah Jones, cet assaut sur son domicile a probablement été orchestré par le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, qu’elle a publiquement accusé d’avoir mal géré la pandémie. D’après ses dires  » c’est ce qui survient lorsque l’on défie des personnes puissantes et corrompues « .

La jeune femme est persuadée que le gouverneur essaiera à présent de la faire taire par la peur. Bien évidemment, selon le porte-parole de DeSantis, Fred Piccolo,  » le gouverneur n’a aucun lien avec cette enquête « …

Même si cette affaire n’est pas encore élucidée, elle confirme l’existence de nombreuses zones d’ombre dans la gestion de la crise du COVID-19, aussi bien en France que dans le reste du monde. Un peu partout, les gouvernements ont pu tenter de dissimuler la gravité de la crise par intérêt économique ou pour se dédouaner d’éventuelles erreurs.

Un climat de méfiance s’installe à l’heure actuelle et oppose les peuples à leurs dirigeants, comme a pu le mettre en lumière le succès du documentaire Français controversé «  Hold-Up « . Dans ce contexte, cet événement démontre aussi que le Big Data peut être l’une des dernières sources fiables d’informations. Comme le dit le proverbe :  » les hommes mentent, mais pas les chiffres «