FBI : 800 arrestations grâce aux smartphones piégés vendus aux criminels

Le FBI a vendu à des criminels de faux téléphones cryptés qui copiaient leurs messages. Suite à quoi, 800 criminels présumés ont été appréhendés grâce à la plateforme de messagerie Anom.

Une application de messagerie comme outil d’infiltration

Depuis 2019, le FBI exploite secrètement Anom, une entreprise qui prétendait offrir un service de messagerie cryptée  aux organisations criminelles. En réalité, l’application Anom transmettrait aux enquêteurs fédéraux une copie de chaque message envoyé. L’opération a permis au FBI et aux forces de l’ordre internationales d’arrêter plus de 800 criminels présumés à travers le monde. 

Après son lancement, Anom a été installé sur plus de 12 000 appareils appartenant à plus de 300 organisations criminelles, dont la mafia italienne, des gangs de motards hors-la-loi et des organisations criminelles basées en Asie. La plateforme de discussion cryptée a enregistré des messages couvrant des complots d’assassinat, des opérations massives de trafic de drogue et de distribution illégale d’armes à feu.

FBI : contourner le cryptage

L’opération marque la dernière tentative des forces de l’ordre américaines de contourner le cryptage sur les smartphones. Depuis des années, le FBI exhorte Apple à créer une porte dérobée dans ses iPhone, invoquant la nécessité de collecter des preuves contre les criminels présumés. Apple a jusqu’à présent refusé. L’agence a donc contracté des services professionnels de piratage de smartphones pour l’aider à déverrouiller les appareils saisis lors des enquêtes.

Avec Anom, le FBI a utilisé une stratégie totalement différente pour relever le défi du cryptage. La genèse de l’opération d’infiltration s’est produite avec le retrait par le FBI de Phantom Secure, une plateforme de discussion cryptée populaire au sein des organisations criminelles. Le FBI déclare qu’à la suppression de Phantom Secure en 2018, l’agence a constaté un changement de stratégie du côté des organisations criminelles. Ces dernières avaient rapidement opté pour des options de sauvegarde avec d’autres plateformes cryptées. 

Le FBI contre-attaque donc avec Anom. Une source confidentielle qui vendait des téléphones utilisant Phantom Secure développait sa propre plateforme de discussion cryptée. Cette source a ensuite offert la plateforme au FBI, qui s’est chargé de faire circuler Anom dans les cercles criminels.