intelligence artificielle 2010

Comment l’intelligence artificielle a changé nos vies depuis 2010

Tout au long des années 2010, l’intelligence artificielle a évolué à pas de géant et s’est invitée dans notre vie quotidienne. Alors que la décennie touche à sa fin, l’heure est venue de se tourner vers le passé pour réaliser à quel point l’IA a changé nos vies en dix ans…

Vous souvenez-vous de l’image que vous aviez de l’intelligence artificielle en 2010 ? À cette époque, pour la plupart d’entre nous, l’IA était encore une thématique principalement réservée aux oeuvres de science-fiction.

Cependant, en dix ans, cette technologie s’est invitée dans tous les secteurs industriels, mais aussi dans notre quotidien pour le rendre plus confortable. Une démocratisation qui s’explique par plusieurs facteurs

La révolution du Machine Learning

Cet essor fulgurant de l’intelligence artificielle au cours de la décennie qui s’achève est en grande partie liée à la popularisation du Machine Learning ou apprentissage automatique. Cette approche scientifique consiste à laisser les machines apprendre de manière autonome à effectuer des tâches.

Or, cette méthode requiert de larges volumes de données et une puissance informatique colossale pour permettre aux ordinateurs de s’entraîner. L’explosion du volume de données générées par l’humanité via les réseaux sociaux ou l’internet des objets, ainsi que la baisse du coût et l’augmentation de puissance des ordinateurs sont donc deux des facteurs clés de l’essor de l’IA.

Aujourd’hui, c’est le Machine Learning et sa sous-catégorie Deep Learning qui se cachent derrière la plupart des projets d’intelligence artificielle. Selon une analyse publiée en janvier 2019 par Karen Hao, de Technology Review,  » le Machine Learning a permis d’égaler voire de surpasser les capacités humaines dans des domaines tels que la transcription de discours, la reconnaissance des émotions ou la création de vidéos « .

Un long chemin vient d’être parcouru, mais nous n’en sommes encore qu’au début de la route. D’autres approches telles que le  » reinforcement learning  » ou les réseaux génératifs antagonistes (GAN) sont de plus en plus utilisées. Dans un futur qui semble de moins en moins lointain, les machines pourraient être en mesure d’apprendre de la même manière que les êtres humains…

Comment l’IA s’est invitée dans notre quotidien

Il y a dix ans, l’intelligence artificielle n’était pas encore ancrée dans notre quotidien. Il s’agissait essentiellement d’une discipline de recherche scientifique.

L’une des étapes clés de sa démocratisation est l’introduction des résultats de recherche personnalisés par Google, en 2010. C’est à ce moment que l’IA a véritablement commencé à s’inviter dans nos vies. Depuis lors, l’intelligence artificielle est appliquée dans une telle variété de domaines qu’elle semble désormais omniprésente.

On confie d’ailleurs aux machines des responsabilités de plus en plus grandes. L’intelligence artificielle a été utilisée pour localiser les victimes de l’ouragan Maria ou pour gérer le réseau électrique allemand. Elle est aussi exploitée pour les campagnes électorales, à des fins de surveillance ou dans le domaine militaire. À travers quelques exemples particulièrement pertinents, découvrez à quel point l’intelligence artificielle a changé le monde en dix ans…

L’intelligence artificielle et les smartphones

Grâce à l’intelligence artificielle, les  » smartphones  » ont pu devenir réellement  » smart «  (intelligents) au fil des dix dernières années. Des fonctionnalités telles que la reconnaissance faciale ou les applications de navigation comme Google Maps reposent entièrement sur l’IA.

Ainsi, les entreprises telles que Google et Apple cherchent de plus en plus à faire tourner l’intelligence artificielle directement sur les téléphones à l’aide de puces spécialement conçues à cet effet. Ceci permet d’effectuer des tâches telles que la reconnaissance de discours directement sur le smartphone plutôt que sur un ordinateur distant via le Cloud. L’objectif est bien entendu de gagner en réactivité, et de préserver la confidentialité des utilisateurs.

En octobre 2019, Google a ainsi lancé son application de transcription intitulée  » Recorder « . Celle-ci est capable d’enregistrer un discours et de le transcrire simultanément en temps réel. Il est ensuite possible pour l’utilisateur de chercher un enregistrement en tapant n’importe quel mot qu’il contient.

IA et réseaux sociaux

Les réseaux sociaux, eux aussi, reposent désormais fortement sur l’intelligence artificielle. En 2018, le scientifique IA en chef de Facebook, Yann LeCun, a ainsi déclaré que  » sans Deep Learning, Facebook ne serait que de la poussière « .

L’IA permet aux réseaux sociaux de vous proposer du contenu et des publicités personnalisés, ou encore d’identifier automatiquement vos amis sur les réseaux sociaux. Elle permet également de supprimer automatiquement le contenu haineux à des fins de modération. C’est le cas pour Facebook, mais aussi pour les autres réseaux sociaux tels que Twitter et Instagram…

Les assistants virtuels, des créatures intelligentes… et artificielles

Nous sommes de plus en plus nombreux à utiliser les assistants virtuels comme Amazon Alexa, Apple Siri ou Google Assistant. Or, ces assistants reposent entièrement sur l’IA. La technologie de Natural Language Processing (traitement naturel du langage) leur permet de comprendre nos questions ou nos ordres et d’y répondre.

Tout a commencé avec le lancement de Siri sur iPhone en 2011, suivi par Google Now en 2012 sur Android (devenu Google Assistant en 2016). En 2014, Amazon lançait la première enceinte connectée Amazon Echo embarquant son assistant Alexa et amorçait le début d’une nouvelle ère. C’est ainsi que l’IA est entrée dans nos foyers.

La surveillance à l’ère de l’IA

L’intelligence artificielle offre de nouvelles possibilités pour la surveillance. Il n’est donc pas surprenant qu’elle soit de plus en plus utilisée à cet effet.

La technologie de reconnaissance faciale, en particulier, suscite la controverse et fait régulièrement les gros titres. Cette technologie permet d’identifier les personnes automatiquement dans une vidéo live ou enregistrée, ou sur des photos. Pour y parvenir, l’IA compare leurs caractéristiques faciales avec les visages enregistrés dans une base de données.

Aux quatre coins du monde, la reconnaissance faciale est désormais utilisée dans les aéroports, lors de grands événements ou même dans les grandes villes par les autorités. Or, de nombreux défenseurs de la confidentialité s’inquiètent en constatant que l’IA permet désormais de surveiller la population en permanence.

De même, la polémique autour de cette technologie est liée au fait que l’intelligence artificielle soit souvent biaisée. La plupart des systèmes de reconnaissance faciale actuels tendent à manquer de précision lorsqu’il s’agit d’identifier des personnes de couleur. Ceci peut donner lieu à une discrimination systématisée.

Face à cette réaction de rejet, plusieurs villes américaines ont fait le choix de bannir la reconnaissance faciale. C’est le cas de San Francisco, Oakland ou encore Sommerville qui interdisent à la police et à la municipalité d’utiliser cette technologie.

De nombreux secteurs d’application

L’intelligence artificielle s’est aussi frayé une place dans un grand nombre de domaines du quotidien. Elle est utilisée dans le secteur de la santé pour diagnostiquer et gérer une large variété de troubles et maladies. L’IA peut par exemple détecter le cancer du poumon avec une précision supérieure aux experts humains, ou surveiller les problèmes de santé mentale.

De même, les oeuvres d’art créées par l’intelligence artificielle sont de plus en plus en vogue. Au fil de la décennie, l’IA a créé des compositions musicales, des peintures en tout genre ou même des sculptures.

En plus de prouve que la machine peut s’avérer  » créative « , ces oeuvres se vendent parfois à prix d’or sur le marché de l’art. En 2018, le tableau  » Edmond de Belamy «  est devenu la première oeuvre produite par une IA et vendue aux enchères.

La création d’oeuvres d’art par l’IA repose généralement sur les GANs (réseaux génératifs antagonistes). En confrontant deux réseaux de neurones, il est possible de laisser l’intelligence artificielle apprendre à imiter le style d’un artiste avec une précision souvent impressionnante…

Le côté sombre de l’IA

Si l’intelligence artificielle permet de rendre nos vies plus confortables, sa démocratisation présente aussi une facette plus sombre. Outre les risques liés à la surveillance via reconnaissance faciale, déjà évoqués dans ce dossier, cette technologie peut aussi être utilisée à des fins de désinformation.

Les vidéos de type  » Deepfake «  circulent de plus en plus sur la toile. Grâce à l’IA et aux GAN, il est désormais possible de modifier une vidéo pour faire tenir un faux discours à n’importe qui. Il est aussi possible d’intégrer le visage d’une personne sur le corps d’une autre dans une vidéo. Par exemple, des malandrins s’amusent à incruster les visages de célébrités sur le corps d’actrices pornographiques.

L’intelligence artificielle peut aussi générer des articles d’actualité frauduleux automatiquement, afin de propager des  » fake news  » (infox) sur les réseaux sociaux. Dorénavant, et au fil des années à venir, il sera donc de plus en plus difficile pour les humains de distinguer le vrai du faux…

Bien que cela ne concerne pas directement la plupart des citoyens dans leur quotidien, l’un des plus grands dangers de l’IA est la création d’armes autonomes. Ces robots, capables d’assassiner une cible automatiquement, risquent fort de poser de grands problèmes d’éthique. Fort heureusement, de nombreux dirigeants mondiaux s’érigent contre la production d’IA militaires.

Le futur de l’intelligence artificielle

À l’évidence, la révolution de l’intelligence artificielle n’en est qu’à ses débuts. Au cours des années 2020, cette technologie va continuer à se développer et va prendre de plus en plus de place dans nos vies quotidiennes.

On peut notamment s’attendre à ce que les assistants virtuels deviennent encore plus utiles et performants pour nous faciliter la vie et automatiser les tâches les plus ingrates. En rêvant un peu, on peut imaginer que, dans dix ans jour pour jour, nous aurons presque tous un robot domestique nous permettant de vivre comme les rois d’antan.

Cependant, les polémiques liées à la confidentialité, à la surveillance ou à la militarisation de l’IA risquent également de prendre de l’ampleur. Il est indispensable qu’un cadre éthique soit mis en place, et que les règles soient appliquées même dans les pays totalitaires. Dans le cas contraire, l’intelligence artificielle risque de transformer nos sociétés en véritables dystopies…