Tech Innovators | Jordan Pellet (Président, Codyseum)

Dans le cadre de notre dossier « Tech Innovators: À la découverte des esprits visionnaires de l’informatique », Jordan Pellet (Président de Codyseum) a accepté de faire un point sur les grands enjeux du secteur de l’IT.

LeBigData.fr : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Jordan Pellet (Codyseum: Les dernières tendances et innovations dans le domaine de l’IT sont effectivement très stimulantes. D’abord, l’Intelligence Artificielle continue de se développer à un rythme impressionnant. L’IA n’est plus seulement une technologie de niche, mais un outil de plus en plus intégré dans divers domaines, qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation, de la finance ou de l’industrie. Les progrès en matière d’apprentissage automatique et de traitement du langage naturel, par exemple, ouvrent des possibilités inédites pour des applications plus intuitives et efficaces. En parallèle, dans mon domaine d’activité, les développements autour des preuves à divulgation nulle de connaissance, ou ZK-Proofs, dans la blockchain, sont particulièrement passionnants. Cette technologie permet une vérification des transactions sans révéler d’informations sensibles, renforçant ainsi la sécurité et la confidentialité sur la blockchain. C’est une avancée significative, surtout dans un contexte où la sécurité des données est une préoccupation majeure. Par ailleurs, dans d’autres secteurs, les récentes études sur la fusion nucléaire sont également à suivre de près. La fusion nucléaire, souvent considérée comme le « Saint Graal » de l’énergie propre, pourrait révolutionner notre approche en matière de production énergétique, en offrant une source d’énergie presque illimitée et à faible impact environnemental. Enfin, il est impossible d’ignorer les avancées dans le domaine des semi-conducteurs super atomiques. Ces derniers représentent une révolution dans la fabrication des composants électroniques. Ils pourraient permettre de créer des circuits encore plus petits, plus rapides et plus économes en énergie, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle génération de dispositifs électroniques plus puissants et plus efficaces. Ces recherches sont cruciales, surtout à une époque où la demande en dispositifs électroniques ne cesse de croître.

Quels sont les domaines où l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique (Machine Learning) ont le plus d’impact aujourd’hui selon vous ?*

L’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique transforment notre monde de manières incroyablement humaines et tangibles. Dans la santé, ils nous aident à diagnostiquer les maladies plus rapidement et avec plus de précision et même à personnaliser les traitements pour chaque patient. Dans le secteur financier, ces technologies détectent les fraudes et aident à prendre des décisions d’investissement plus éclairées. Dans l’industrie, l’IA prévoit les pannes de machine avant qu’elles ne surviennent, économisant du temps et de l’argent. Dans le transport, elle est au cœur du développement de voitures autonomes et rend nos déplacements plus efficaces. Et ce n’est pas tout. Dans nos vies quotidiennes, l’IA personnalise notre expérience de divertissement, recommandant des films, de la musique et même en créant de l’art. Sur un plan plus large, elle aide les scientifiques à lutter contre le changement climatique et à faire des découvertes révolutionnaires. Chaque jour, l’IA et le ML rendent notre monde plus intelligent, plus sûr et plus adapté à nos besoins humains.

Comment la transformation numérique a-t-elle évolué et quelles sont les principales stratégies et défis auxquels les entreprises sont confrontées lorsqu’elles se lancent dans ce processus ?

La transformation numérique, c’est un peu comme une révolution permanente. Elle a commencé par la simple digitalisation des données, mais aujourd’hui, c’est une histoire complètement différente. On parle d’intégration complète de technologies avancées comme l’IA, le cloud et même la blockchain dans tous les aspects d’une entreprise. Ce n’est plus seulement une option, mais une nécessité pour rester compétitif. Les stratégies clés ? D’abord, il faut une vision claire. On ne se lance pas dans le numérique juste pour suivre la tendance. Chaque entreprise doit définir comment le numérique peut spécifiquement améliorer ses opérations, son expérience client et finalement sa valeur sur le marché. Puis, il y a l’aspect humain — former les équipes, changer la culture d’entreprise pour embrasser le changement, c’est crucial. Mais parlons des défis, car ils sont nombreux. La sécurité des données, c’est le gros morceau. Avec tant d’infos sensibles en ligne, la moindre faille peut être catastrophique. Ensuite, il y a le challenge de rester à jour. Le numérique évolue tellement vite qu’il faut constamment se former et innover. Et bien sûr, il y a le coût. La transformation numérique demande un investissement initial important et pas toutes les entreprises peuvent se le permettre sans risque. En somme, la transformation numérique, c’est pas juste une question de technologie. C’est une stratégie globale qui demande réflexion, adaptation et un engagement fort envers l’innovation et la sécurité.

Quelles sont les compétences et les connaissances clés que les professionnels de l’IT doivent acquérir pour rester pertinents dans ce paysage technologique en constante évolution ?*

Dans ce monde technologique qui ne cesse d’évoluer, les professionnels de l’IT doivent constamment affûter leurs armes. La première compétence clé, c’est l’adaptabilité. La tech change à une vitesse folle et il faut pouvoir suivre le rythme. Ce n’est pas seulement apprendre de nouvelles technologies, mais aussi savoir anticiper les tendances. Ensuite, la connaissance en cloud computing est devenue incontournable. Le cloud, c’est le terrain de jeu actuel et futur de l’IT. Comprendre les différentes plateformes et savoir comment les utiliser efficacement, c’est crucial. L’IA et le Machine Learning sont aussi des compétences essentielles. Ils ne sont plus réservés aux spécialistes. Avoir une bonne compréhension de ces outils et savoir comment les intégrer dans divers projets peut faire une grande différence. La cybersécurité, c’est l’autre grand volet. Avec la digitalisation croissante, la sécurité des données est un enjeu majeur. Comprendre et être capable de mettre en œuvre des stratégies de sécurité robustes est une compétence indispensable. Et n’oublions pas les soft skills. La capacité à travailler en équipe, à communiquer efficacement et à résoudre des problèmes de manière créative est tout aussi importante que les compétences techniques. Dans un monde où l’IT ne fonctionne pas en silo, mais est intégré dans toutes les strates de l’entreprise, ces compétences interpersonnelles sont cruciales. Enfin, un bon professionnel IT doit comprendre le business. Il ne s’agit pas seulement de coder ou de gérer des systèmes. Il faut savoir comment la technologie sert la stratégie et les objectifs commerciaux de l’entreprise. En résumé, rester pertinent dans l’IT aujourd’hui, c’est un mix d’expertise technique, de compréhension du business et de compétences interpersonnelles. C’est ce mélange qui permet de naviguer avec succès dans ce paysage technologique en constante évolution.

Quelles sont les meilleures pratiques pour favoriser une culture d’innovation au sein des organisations et encourager la collaboration entre les équipes techniques et métiers ?*

Pour stimuler l’innovation, la clé est de cultiver un environnement où les nouvelles idées sont accueillies et encouragées. Chez nous, cela passe par des sessions de brainstorming ouvertes à tous et une politique de porte ouverte pour les suggestions et feedbacks. Quant à la collaboration entre équipes techniques et métiers, il est essentiel de promouvoir la communication et la compréhension mutuelle. Des réunions interdépartementales régulières et des projets collaboratifs aident à aligner les objectifs techniques et commerciaux. Nous mettons aussi un point d’honneur à la formation continue et à la mise à jour des compétences, pour que nos équipes restent à la pointe de la technologie et des pratiques commerciales. Enfin, la reconnaissance des réussites individuelles et collectives est un puissant moteur pour entretenir l’esprit d’innovation.

Comment les gouvernements et les organismes réglementaires peuvent-ils soutenir l’innovation dans le domaine de l’IT et créer un environnement propice à l’adoption de nouvelles technologies ?*

À mon avis, en matière d’innovation dans le domaine de l’IT, nous sommes clairement en retard, surtout en France et en Europe. Si nous ne faisons pas un virage radical, les États-Unis, la Chine et l’Inde vont nous dépasser, et ce, dans un avenir pas si lointain. Prenons l’exemple de SpaceX : une société privée qui a non seulement rattrapé, mais dépassé des décennies d’innovations dans le secteur aérospatial, et cela, avec un budget bien moindre que les programmes d’État. Ce qui manque cruellement en Europe, c’est cette liberté d’innovation, cette audace. Les États-Unis soutiennent activement des entreprises comme SpaceX. En Europe, en revanche, on se heurte souvent à un esprit trop égalitaire, voire jaloux. Cette approche risque d’étouffer l’innovation. L’égalité, c’est important, mais pas au détriment de l’avancée technologique. De plus, ici, l’accent est trop souvent mis sur l’écologie et la préservation des circuits courts, parfois à l’encontre de l’efficacité et de la scalabilité. Ces préoccupations sont certes légitimes, mais ne devraient pas freiner l’innovation. On ne peut pas se permettre de rester dans une vision étroite, surtout quand d’autres nations avancent à grands pas. Pour soutenir l’innovation, il est impératif que les gouvernements et organismes réglementaires offrent un cadre plus libéral et des incitations fortes. Cela inclut des mesures comme la suppression des impôts pour les investisseurs dans des secteurs stratégiques comme la tech et la santé. Il faut également renforcer des aides à l’innovation, comme le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) ou le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI), en ciblant des secteurs à fort enjeu stratégique. En somme, si l’on ne change pas notre approche, nous risquons de nous transformer en pays émergent en matière de technologie. Nous avons besoin d’un accompagnement fiscal et réglementaire audacieux pour rester compétitifs et leaders en innovation.

Quels sont les défis éthiques et les questions de responsabilité liés à l’adoption de technologies émergentes et comment les aborder de manière responsable ?*

Quand on parle des défis éthiques et de responsabilité liés à l’adoption des technologies émergentes, il est vrai que c’est une préoccupation typiquement européenne. Cependant, je pense que la question fondamentale à se poser est celle de la compétition équitable dans le domaine de l’IA, surtout quand on sait que 90 % des entreprises IA prometteuses sont déjà basées aux États-Unis. La différence de valorisation entre les entreprises européennes et américaines est frappante, sans parler de l’arrivée récente des investisseurs du Moyen-Orient qui injectent des milliards dans l’innovation. Dans notre domaine, on observe beaucoup de talents français, pas seulement dans la tech mais dans divers secteurs, qui migrent vers le Moyen-Orient. Cela soulève une question cruciale : comment l’Europe peut-elle retenir ses talents et assurer une compétition équitable sur la scène mondiale ? Concernant les défis éthiques, bien sûr, il est essentiel d’aborder l’innovation de manière responsable. Mais en se concentrant trop sur les questions éthiques, l’Europe risque de se laisser distancer. Il est temps de repenser notre approche et de trouver un équilibre entre l’éthique et la compétitivité. Pour y parvenir, il faut une réglementation qui soutienne l’innovation tout en préservant les valeurs éthiques. Il s’agit de créer un cadre qui encourage la recherche et le développement, tout en assurant une utilisation responsable et transparente des technologies. En somme, tout en restant fidèles à nos principes éthiques, nous devons aussi être pragmatiques et compétitifs. L’Europe doit non seulement s’aligner sur les normes mondiales en matière d’innovation, mais aussi offrir un terrain fertile pour que les entreprises européennes puissent prospérer et rivaliser sur la scène internationale.

Voulez-vous rajouter quelques mots avant de clore l’interview ?

Je vous remercie pour cette opportunité de partager mes réflexions. Je pense qu’il serait intéressant d’explorer davantage les enjeux stratégiques des nouvelles technologies. Chez Codyseum S.A.S, nous sommes conscients de l’impact significatif de ces technologies dans des domaines variés, tels que le militaire, la finance centralisée et le secteur pharmaceutique. Ces technologies ne sont pas seulement des outils pour améliorer l’efficacité ou la productivité, elles représentent également des vecteurs de changement socio-économique majeurs. Par exemple, l’automatisation et l’IA transforment le paysage de l’emploi, supprimant certains métiers tout en en créant de nouveaux. Il est donc crucial de se préparer à ces transformations, en formant les générations actuelles et futures aux compétences requises pour ces nouveaux métiers. Chez Codyseum S.A.S, nous nous efforçons de contribuer à ce changement, en apportant un nouveau souffle technologique et industriel à notre beau pays, la France. Nous sommes fiers de faire partie de ceux qui poussent notre nation à embrasser l’avenir technologique, en gardant à l’esprit que l’innovation doit toujours rimer avec responsabilité & éthique. Encore une fois, merci de m’avoir sollicité pour partager mes pensées sur ces sujets importants.

Propos recueillis par Mathilde Flory.

Newsletter

Envie de ne louper aucun de nos articles ? Abonnez vous pour recevoir chaque semaine les meilleurs actualités avant tout le monde.

Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *