Viol dans le métavers : est-ce que la victime en fait un peu trop ?

Pour la première fois, la police britannique ouvre une enquête sur un viol virtuel survenu dans le métavers. Cet incident soulève des questions sur la sécurité des utilisateurs dans les espaces numériques immersifs. Le métavers est-il devenu un terrain propice aux prédateurs sexuels ? Mais de nombreuses personnes se demandent également s’il est réellement possible de se faire violer dans un univers virtuel.

Mineure victime d’un viol collectif virtuel

Une adolescente de 16 ans aurait été victime d’une agression sexuelle dans le métavers. Dans cet univers virtuel, chaque joueur peut créer un avatar, une représentation virtuelle de lui-même. Portant un casque de réalité virtuelle, elle aurait été témoin de l’agression sexuelle de son personnage numérique par plusieurs avatars masculins.

Ce fait a suscité une attention internationale compte tenu du fait que ces univers immersifs attirent un public mineur. Les agressions sexuelles dans le métavers ne sont pas un phénomène nouveau. Des cas similaires ont été signalés par le passé. Mais c’est la première fois qu’une enquête judiciaire est ouverte pour un tel incident. Par exemple, en 2016, une joueuse américaine a subi une agression sexuelle dans le jeu QuiVr.

S’agissait-il vraiment d’un viol ?

L’incident suscite un débat sur les réseaux sociaux. Certains doutent qu’il s’agisse d’une agression sexuelle, suggérant que la jeune fille aurait pu simplement éteindre le jeu. Un joueur de Call of Duty a ironiquement comparé son expérience, soulignant qu’il a été virtuellement tué dans le jeu. Et pour autant, cela ne signifie pas qu’il va porter plainte contre son « meurtrier ».

Cependant, la nature de ces actes n’est pas comparable. Dans les jeux en ligne, les joueurs savent qu’ils risquent d’être éliminés. Mais personne ne s’attend à subir un viol virtuel. Selon la police britannique, même si la jeune fille n’a pas subi de dommages physiques, le traumatisme engendré a des effets similaires.

Débat juridique sur le viol virtuel

Meta condamne fermement l’acte, soulignant que de tels comportements sont inacceptables dans le métavers. En ce qui concerne leur plateforme, il a rappelé que celle-ci assure la protection des utilisateurs par défaut grâce à une fonction de « limite personnelle ». Cette fonctionnalité maintient une distance de sécurité entre chaque joueur et les autres personnes qu’il ne connaît pas. Mais, même si cette limite peut être désactivée manuellement par l’utilisateur, cela ne signifie en aucun cas un consentement à des rapports sexuels virtuels.

L’ouverture d’une enquête policière soulève la question de l’adaptation du cadre légal aux délits virtuels. Au Royaume-Uni, la définition légale du viol implique une atteinte physique. Or dans le cas présent, l’agression s’est déroulée dans un univers numérique sans contact réel.

Donna Jones, présidente de l’Association des commissaires de police britanniques, appelle à une mise à jour des lois afin de mieux lutter contre les violences virtuelles. Actuellement, la législation ne prend pas en compte les risques de préjudices psychologiques dans les univers immersifs. Ce qui s’avère important puisque selon une étude récente, les enfants de la prochaine génération passeront en moyenne 10 ans de leur vie dans des environnements de réalité virtuelle.

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