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Covid-19 : qui veut détruire les données de recherche de l’Université de Floride ?

Une enquête vient d’être ouverte par l’Université de Floride, afin de déterminer qui cherche à détruire les données de recherche sur le Covid-19. En parallèle, un groupe de hackers a dérobé les données de vaccination du Brésil. Les données liées Sars-Cov-2 semblent être devenues le nerf de la guerre.

L’Université de Floride vient de lancer une enquête suite à un rapport interne. Selon ce document, le campus subit une influence politique et une pression institutionnelle pour détruire ou retarder la publication des données de recherche sur le Covid-19. De nombreux membres de la faculté vivent aujourd’hui dans la peur.

Le rapport a été publié suite à trois semaines d’enquête sur la liberté académique au sein de l’université, après que trois professeurs aient été empêchés de témoigner lors d’un procès contre l’État concernant le droit de vote.

L’ouverture de l’enquête a été annoncée via un email en interne adressé aux membres de l’université par David Norton, vice-président de la recherche à l’Université de Floride. Les résultats seront dévoilés dès que l’investigation sera terminée. Aucune date n’est annoncée pour le moment.

Selon Norton, “ L’UF Research a été informée d’une possible violation des règles de l’université de Floride sur l’intégrité de la recherche “. Cette violation concernerait la destruction de données de recherche.

Pour l’heure, rien ne prouve toutefois que des données aient bel et bien été détruites. L’enquête aura notamment pour but de vérifier ce point.

Afin de protéger les membres de la faculté et leurs travaux, le comité n’a nommé aucun individu spécifique. Selon le Dr Dayana Wright, professeur à l’Université de Floride, ces tentatives d’intimidation proviennent vraisemblablement d’entités gouvernementales.

Le rapport identifie notamment des “ difficultés “ concernant le partenariat avec l’État de Floride, aux côtés duquel l’Université a mené des recherches sur le Covid-19.

Ce document cite notamment des pressions pour détruire les données anonymisées, des barrières à l’accès et à l’analyse de ces données, et des obstacles à la publication de recherche scientifique.

Pour l’heure, le gouverneur de Floride n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Selon son porte-parole, “ le gouverneur Ron DeSantis n’interfère pas avec les problèmes internes à l’Université de Floride. Personne de notre bureau n’a dit aux professeurs de l’UF de se retenir de critiquer les règles de l’État “.

Il précise que chacun au sein de la communauté académique est libre de partager ses opinions et ses critiques des règles. Le gouverneur se dit confiant et fier que cette université ait pu se hisser dans le top 5 des institutions de recherche américaines.

Rappelons qu’une Data Scientist de Floride avait été arrêtée pour avoir dénoncé une falsification des données Covid-19 de la part du gouvernement en décembre 2020. Ces deux affaires sont potentiellement liées.

Le ministère de la santé brésilien victime d’une cyberattaque

Les données de recherche sur le Covid-19 suscitent la controverse, mais les données sur la vaccination semblent également dans le collimateur des hackers. Parallèlement à l’intimidation subie par l’Université de Floride, le ministère de la santé brésilien est victime d’une cyberattaque.

Suite à l’incident, le Brésil a dû reporter d’une semaine l’obligation de quarantaine de cinq jours pour les voyageurs étrangers non-vaccinés. Cette attaque a touché le système informatique du ministère, et l’application ConecteSUS permettant de récupérer un certificat de vaccination.

La cyberattaque au ransomware a eu lieu dans la nuit du 9 au 10 décembre 2021. Les données de vaccination de tous les Brésiliens ayant reçu au moins une dose ont été compromises.

Le groupe Lapsus$ a revendiqué l’assaut, et affirme détenir 50To de données en provenance des systèmes du ministère. Si la rançon n’est pas payée, les données personnelles des vaccinés seront publiées. Le montant demandé reste à ce jour inconnu.

Le ministre brésilien de la Santé, Marecelo Queiroga, cherche à rassurer. Selon lui, le gouvernement détient une sauvegarde des données volées par les hackers. Une enquête a été ouverte par la police fédérale et les services de renseignements. Néanmoins, cette cyberattaque retarde l’entrée en vigueur des nouvelles règles sanitaires de sept jours.

Pour rappel, en septembre 2021, l’Agence brésilienne de réglementation de la santé (ANVISA) a aussi été attaquée. Auparavant, les données de santé de 16 millions de Brésiliens malades du Covid-19 avaient été partagées en ligne sur GitHub par un employé de l’hôpital de Sao Palo.

Au Brésil comme partout ailleurs, les structures médicales sont une cible de choix pour les hackers. Les données de santé sont sensibles et convoitées, et les hôpitaux tendent à payer les rançons pour éviter des conséquences dramatiques.

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