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datavisualisation une tableau

Datavisualisation : un outil qui devient critique pour les entreprises

Le mardi 31 janvier, nous étions conviés avec d’autres journalistes à une présentation de cas d’usages par l’entreprise Tableau Software. Le dirigeant et les entreprises en présence se sont efforcés à nous démontrer l’apport de son outil. Plus largement, elle voulait prouver que la datavisualisation offre une aide critique à la décision.

Le métier actuel de journaliste amène un jour ou un autre à se pencher sur les outils de datavisualisation. Ces derniers permettent de se rapprocher d’une tendance anglo-saxonne du journalisme tournée vers les faits. Ainsi, l’illustration des chiffres s’avère bien plus parlante pour le lectorat. Celui-ci peut parfois naviguer dans plusieurs infographies d’un nouveau genre.

La datavisualisation n’impacte pas seulement le métier de journaliste d’analyste. Les outils de visualisation de la donnée apportent des fonctionnalités critiques pour les entreprises. Elle souhaitent optimiser leurs activités, améliorer le fonctionnement interne ou s’attaquer à de nouveaux marchés.

Tableau Software par le biais de son directeur France et EMEA Edouard Beaucourt, a présenté trois cas d’usages de ses outils de BI chez trois clients différents. Travel Planet, une agence de voyages d’affaires, ekWater, un jeune fournisseur d’énergie présent sur le marché depuis septembre 2016 et enfin le groupe La Poste.

Amener les avantages des outils grand public aux professionnels

datavisualisation edouard beaucourt

Première remarque préalable avant cette présentation, Edouard Beaucourt note que la visualisation de données a envahi notre quotidien :

« Je vais raconter une anecdote assez personnelle. Il y a quelque jour j’avais envie d’amener ma femme au restaurant et je ne savais pas précisément où l’emmener parce que je ne suis pas un expert des restaurants parisiens ni encore moins un expert des styles culinaires. J’ai pris mon iPhone et j’ai fait une recherche sur Google qui m’a assez vite mené vers un autre module, puis un autre module, puis une visualisation tableau. Sur cette dernière, j’ai eu une sélection, des idées, des commentaires et encore un bon nombre de choses qui m’ont permis de choisir le restaurant. La réalité qui est celle du grand consommateur au quotidien, c’est la réalité que nous essayons d’appliquer dans les entreprises auprès de tous les gens qui ont envie de manipuler leurs propres données. »

Adaptation au type d’hébergement

Tableau Software fonde son concept sur le fait d’être agnostique des technologies, plus précisément sur le fait que ces outils soient fonctionnels quelque soit le type d’hébergement des données, physique ou cloud. Son atout, selon le directeur France, repose sur la simplicité d’utilisation grâce à son langage breveté en 2003 : VizQL. Ce dernier diminue le nombre d’étapes avant la production de diagrammes et d’infographies en comparaison d’un logiciel comme Excel. Il suffit d’importer les données, puis de créer les filtres nécessaires à son activité afin d’obtenir des tableaux de bords lisibles.

Starbucks nous connait mieux que personne

Présent dans de nombreux secteurs comme l’industrie du jeu vidéo, la communication, le commerce, l’éducation et bien d’autres, l’entreprise née aux États-Unis agit aussi auprès des « petites entreprises naissantes ». « Nous accompagnons Criteo depuis 5 ans, nous avons vu grandir Blablacar depuis 3 ans et nous accompagnons également Happ’n, le Tinder Français. »

Des avantages critiques pour les startups

ekwateur tchernia

 

EkWateur rassure ses investisseurs grâce à la datavisualisation

À propos de petites entreprises naissantes, l’exemple d’ekWateur est parlant. Ce fournisseur d’énergie renouvelable (gaz et électricité) sous le mode collaboratif s’est lancé sur le marché il y a quatre mois, et vient de levée de fonds de deux millions d’euros en janvier. Julien Tchernia, le président explique comment il a découvert les outils de Tableau software :

 » Comme beaucoup de startups, Le B2C demande un besoin continu de Business Intelligence. La première chose qui m’a plu chez Tableau, c’est Yan de Tableau, le commercial qui m’a contacté. Un matin, j’ai pris la version d’essai de deux semaines et gratuite. Dans l’après-midi, j’ai commencé à travailler dessus, mais cela ne m’a pas plu. Le téléphone sonne à côté : « bonjour, c’est Yan de Tableau ». Je réponds assez agressivement, je n’arrive pas à créer une carte. Le commercial me l’a fait faire en deux clics. Pour moi ça a été énorme. »

datavisualisation france

Après quelques formations le président de cette société a pu rapidement savoir précisément où se trouvent ses clients dans toute la France. « Avant, je ne savais pas si ma distribution était bien sur toute la France ou si mon offre se focalisait sur un certain marché, ce n’était pas possible.« Julien Tchernia vante le suivi commercial, même pendant la période d’essai. Séduit par l’offre de datavisualisation de Tableau Software, il a acheté la licence tout en négociant le tarif. En effet, la valeur forte de l’offre s’inscrit dans le conseil, des services similaires de datavisualisation existent en accès totalement gratuit.

Trouver rapidement les KPIs

Cependant, cet outil lui a permis d’assurer la levée de fonds d’ekWateur puisqu’il lui donnait les indicateurs clés de performance dans sa phase de lancement. Cela a rassuré les investisseurs lors de la négociation.

Julien Tchierna explore ainsi au quotidien les données d’exploitation depuis le Cloud, les nouvelles demandes d’ouverture de compte, les possibles fraudes au paiement, ainsi que les offres de ses concurrents et de ses prestataires. L’aide à la décision grâce à la datavisualisation s’avère ici critique, mais selon le fondateur, son utilisation reste « basique » en comparaison du travail accompli par Travel Planet.

Le voyage d’affaires : l’exemple parfait pour l’exploitation de la datavisualisation ?

En effet, l’équipe de Tristan Dessain-Gelinet, le directeur de l’agence de voyages pour les professionnels, a présenté l’usage le plus avancé des outils de datavisualisation. Il faut dire que Travel Plane gère près de 2000 déplacements par jour, auquel s’ajoutent les différentes étapes. « Nous récupérons près de 4 millions de données par jour auprès de nos fournisseurs et de nos clients » affirme le directeur.

L’un des enjeux majeurs est de donner aux clients « des informations sur la consommation de voyage aux voyageurs et aux travelers managers ». En plus d’utiliser la plateforme Tableau comme un outil de reporting interne (chiffre d’affaires, marges, achat de billets), Travel Planet offre à ses clients la possibilité de parcourir certains de ses indicateurs. « Nous avons beaucoup de data que l’on utilisait trop peu. Nous avons décidé depuis un an de donner l’accès à l’ensemble de nos utilisateurs. Donc aujourd’hui chez Travel Planet, il y a 160 000 comptes actifs Tableau. »

Représenter les données pour les clients

Ici le modèle économique est différent de celui ekWateur puisque la licence est ici facturée au nombre de cœurs serveur utilisé. L’outil de datavisualisation est ici offert comme un service.

travel planet datavisualisation

Tristan Dessain-Gelinet veut aller plus loin. L’outil doit servir à extrapoler et simuler des comportements à venir. Le but est d’adapter l’offre de l’année en cours par rapport aux données analysées l’année précédente. De nombreux critères rentrent en compte : durée d’anticipation d’achat des billets, nombre de voyage organisé, différence de prix entre les fournisseurs, etc.

Ces informations cruciales doivent être consultables en temps réel pour adapter la stratégie d’achat des clients de Travel Planet. Par exemple, le taux d’achat en ligne devient important. Un tableau permet de repérer très facilement les personnes qui passent toujours par les bureaux physiques ou par appel. Les commerciaux peuvent ainsi tenter de les convaincre de passer par le Web.

Les données récoltées en temps réel indiquent également où sont chaque voyageur et Travel Planet entend les prévenir en cas d’attaque terrorisme ou de changement environnemental.

Cela pose évidemment des questions quant à la gouvernance des données. Qui peut avoir accès aux informations de vol ? Peut-on laisser chaque utilisateur du service à recevoir des KPI même si ces dernières sont contrôlées par l’entreprise proposant le service ?

Des questions de gouvernance à trancher chez La Poste

dataviz la poste

Ce genre d’interrogation taraude moins Tristan Dessain-Gelinet, que Laurent Dabbagh, Directeur de l’Innovation et du Pilotage Opérationnel de la Performance chez La Poste. A la charge des performances de l’unité d’affaires recyclage et réemploi du célèbre groupe, il a pour tâche de veiller à la bonne conduite de l’offre Recygo.

Née en 2012, cette dernière consiste à récolter les déchets papier auprès des entreprises de toutes tailles. La Poste propose ainsi trois offres : Intégrale à l’abonnement, Liberté dite On Demand et une dernière consacrée au désarchivage. Avec l’aide des outils Tableau Software, Laurent Dabbagh et la direction du service ont pu améliorer la visibilité sur le chiffre d’affaires. Ils se sont s’adaptés à la demande en repérant dans quel département il était le plus utilisé. Il a alors mis au défi les antennes commerciales pour introduire la solution auprès des professionnels. Ils ont repéré de nouveaux types de clients menant à l’offre Liberté.

Renforce la pédagogie autour de la datavisualisation

L’homme qui avait précédemment introduit Tableau auprès des services d’envoi des courriers et des colis pointe cependant des limites. Si cela peut également améliorer le respect des délais des lettres prioritaires entre deux villes éloignées, Laurent Dabbagh invoque la nécessité d’une pédagogie autour de la datavisualisation. « C’est très facile de digresser avec ce genre d’outil. D’y passer beaucoup plus de temps que prévu dans une journée ». De même, le rapport avec la criticité de la donnée semble très important dans le groupe. Sur 253 000 collaborateurs environ, seuls 2400 cadres et dirigeants ont des comptes pour la plateforme Tableau.

Le Directeur entend ainsi éviter « les jugements à l’emporte-pièce« . Il faut que trouver le juste milieu entre les applications métiers et la direction informatique pour ne pas se perdre dans la masse d’informations à disposition. Qui choisit l’indicateur clé ? A quel niveau ? Qui peut le comprendre et y accéder ? Voilà les questions soulevées par les nouveaux usages de la datavisualisation.

3 Commentaires

  1. Bravo au marketing de Tableau software qui arrive a inonder les médias de leurs messages publicitaires… Tableau n’est pas gratuit contrairement à ce qui est ecrit ici et répandu. Tableau n’est pas aussi performant que cela vs d’autres solutions du secteur… et surtout Tableau n’a pas inventé la datavisualisation ! Messieurs les journalistes investiguez les autres solutions (Oracle, Quilkview, Microstrategy…) et arrêtez de relayer les messages Tableau à longueur d’articles !
    PS: Tableau est cependant une bonne solution, entendons nous mais ce n’est pas la seule… ni la meilleure suivant le besoin !

    • Bonjour Pierre,

      Les cas clients présentés par Tableau sont intéressants au demeurant et j’évoque tout de même des solutions partiellement ou totalement gratuites.

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