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Apple vs Facebook : clash sur la protection des données au CES 2020

Apple et Facebook se sont livrés à un débat tumultueux autour de la protection des données lors du CES 2020. De manière générale, la thématique de la confidentialité occupe cette année une place majeure sur le plus grand salon mondial de l’électronique grand public…

Ce 7 janvier 2020, Apple signait son grand retour au CES de Las Vegas après 28 ans d’absence depuis 1992. Cependant, la firme californienne n’est pas venue au plus grand salon mondial de la tech pour présenter de nouveaux produits.

Si la Pomme s’est rendue dans le Nevada, c’est avant tout pour parler de sécurité et de confidentialité. La responsable de la confidentialité d’Apple, Jane Horvath, a participé à un débat public sur ces épineux sujets.

Parmi les autres participants à cette discussion, on pouvait aussi compter Erin Egan de Facebook et Rebecca Slaughter de la FTC. La conversation s’annonçait donc intéressante, et près de 470 personnes se sont réunies dans une salle prévue pour en accueillir 450. Plus de 100 personnes supplémentaires ont également suivi l’échange en vidéo dans une autre salle. Une preuve que la problématique de la confidentialité préoccupe de plus en plus.

Par le passé, le PDG d’Apple, Tim Cook, a reproché à Facebook sa politique de protection des données. De plus, en janvier 2018, Apple avait révoqué les accès de Facebook aux données d’utilisateurs iPhone après que TechCrunch ait révélé que ce privilège était exploité pour effectuer des recherches sur les données d’adolescents. On pouvait donc s’attendre à un débat houleux, et cela n’a pas manqué.

Facebook affirme protéger les données personnelles tout autant qu’Apple

Tout au long de la session, Erin Egan a affirmé que Facebook protège tout autant les données personnelles qu’Apple. Chaque fois qu’une mesure de confidentialité d’Apple était citée par Horvath, Egan s’est empressée de rappeler que Facebook a mis en place les mêmes pratiques.

La responsable de la  » privacy  » d’Apple a notamment décrit la façon dont les nouveaux produits sont créés en collaboration avec une équipe d’ingénieurs et d’avocats spécialisés en la matière. De même, la Pomme se targue de limiter la collecte de données par exemple en restreignant ses algorithmes de reconnaissance faciale aux appareils plutôt que de les exécuter sur ses serveurs.

Autant de points sur lesquels la représentante de Facebook a tenté de se défendre en jouant la carte du mimétisme. Selon elle, le fait de restreindre la reconnaissance faciale aux appareils ne garantit d’ailleurs en rien une meilleure confidentialité que sur les serveurs Cloud.

Cependant, cette dernière a été contrainte d’admettre que le modèle économique de Facebook repose justement sur le ciblage publicitaire à partir des données personnelles. Une différence majeure avec Apple, dont les revenus proviennent essentiellement de la vente de produits et de services.

Par ailleurs, Rebecca Slaughter de la FTC a fait remarquer à Egan que les options de protection des données personnelles ne sont pas activées par défaut sur Facebook. Les utilisateurs sont donc contraints de les activer manuellement en parcourant les paramètres. Ce n’est pas le cas du côté d’Apple qui adopte une approche  » privacy-by-default « .

La Pomme se distingue aussi par l’usage fréquent d’identifiants aléatoires, permettant d’anonymiser les données collectées puisqu’elles ne sont liées ni à un utilisateur ni à un appareil. La  » confidentialité différentielle  » permet d’injecter du bruit dans la base de données et donc de protéger la vie privée des usagers sans qu’ils n’aient d’efforts à fournir.

La stratégie argumentaire d’Egan, visant à démontrer que Facebook accorde autant d’importance à la confidentialité qu’Apple, a donc été déjouée. Cependant, rappelons qu’Apple n’est pas si irréprochable qu’elle le laisse entendre. Par le passé, les données audio collectées par défaut auprès des utilisateurs de l’assistant virtuel Siri étaient écoutées par des sous-traitants. Après que The Guardian l’ait révélé, cette collecte de données est devenue optionnelle.

Au final, ni Apple ni Facebook ne sont parvenus à convaincre la représentante de la FTC. Selon elle,  » la confidentialité n’est pas suffisamment protégée et restera un combat sans fin à mesure que la technologie évolue « . Elle estime par ailleurs que  » personne n’est capable d’avouer franchement qui a quelles données sur quel individu et comment ces informations sont utilisées « …

Les GAFAM jouent la carte de la confidentialité au CES 2020

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Au-delà de ce débat entre Apple et Facebook, la protection des données apparait plus que jamais comme l’une des grandes thématiques de ce CES 2020. Plusieurs géants de la tech ont ainsi profité de l’événement pour formuler des annonces à ce sujet.

Lundi, Facebook a ainsi annoncé une nouvelle version de son outil  » Privacy Checkup «  visant à guider les utilisateurs à travers les paramètres de confidentialité du réseau social. Grâce à cet outil, il sera notamment possible de contrôler plus facilement la visibilité de leurs publications, la façon dont leurs données sont utilisées ou encore la sécurisation de leurs comptes.

De son côté, l’entreprise Ring détenue par Amazon dont les caméras connectées ont récemment été piratées par des hackers a annoncé une mise à jour de son application. Celle-ci permettra aux utilisateurs de refuser que la police puisse accéder au flux vidéo de leurs appareils.

De même, Google annonce l’ajout de nouvelles commandes vocales à son assistant virtuel Google Assistant. Ces commandes sont dédiées à la confidentialité. Il sera possible d’exiger que l’assistant oublie ce qu’il vient d’entendre s’il a été activé par erreur en utilisant la phrase :  » OK Google, ce n’était pas pour toi « .

La seconde commande permet d’en apprendre plus sur les options de confidentialité en prononçant la phrase  » OK Google, est-ce que tu sauvegardes mes données audio ? « . Enfin, il sera possible de demander la suppression de toutes les données en disant  » OK Google, supprime tout ce que je t’ai dit cette semaine « .

Cette importance accordée à la confidentialité au CES par les GAFAM répond avant tout à une demande nouvelle des consommateurs. Suite au scandale Facebook – Cambridge Analytica survenu en 2018, ou encore à l’entrée en vigueur du RGPD dans l’UE, le grand public est désormais conscient de la problématique de la protection des données. Les géants de la tech américains tentent donc de le rassurer à ce sujet, craignant de voir leurs entreprises mises en péril par ce climat de méfiance…

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