Microsoft Edge va bientôt accepter un compte Google pour se connecter, synchroniser ses données et attirer les habitués de Chrome. Toutefois, au même moment, Microsoft retire Drop, Collections et la Sidebar, comme si son navigateur voulait séduire Google en devenant moins lui-même.
Pendant des années, Microsoft Edge a tenté de convaincre les utilisateurs de Chrome avec l’insistance d’un vendeur de box Internet. Cette fois, Microsoft choisit une méthode plus simple. Dès juillet 2026, Edge doit permettre une connexion via un compte Google, sans passer par un compte Microsoft. Concrètement, l’adresse Gmail deviendra l’identité du profil, avec la synchronisation associée sur Windows et macOS. Ainsi, favoris, paramètres et données du profil pourront suivre l’utilisateur. Ce n’est pas une petite concession. Pendant longtemps, Microsoft a poussé son compte maison partout, de Windows 11 à Bing Rewards. En effet, la firme travaillerait aussi à alléger cette obligation lors de l’installation de Windows 11.
Microsoft Edge accepte le compte Google et vise les utilisateurs de Chrome
Le nouveau bouton aperçu dans les versions expérimentales affiche « Or sign in with », accompagné du logo Google. Placé sous l’option Microsoft classique, le message est clair. Venez avec vos habitudes, on ne vous demandera pas forcément vos papiers Redmond. Par ailleurs, cette connexion ne remplacerait pas le compte Microsoft. Elle s’ajouterait à l’existant, avec une option désactivable par les administrateurs d’entreprise. C’est important, car les services informatiques n’aiment pas vraiment les surprises dans les navigateurs professionnels.
Le détail sensible concerne la circulation des données. Jusqu’ici, une adresse Gmail pouvait déjà servir à créer un compte Microsoft. Mais ici, les données de synchronisation transiteraient directement par les serveurs de Google. Dès lors, Microsoft ne se contente pas d’accepter une adresse Gmail comme déguisement. Il accepte surtout que Google reste Google, même dans Edge. Pour un navigateur construit sur Chromium, le moteur aussi utilisé par Chrome, l’ironie est savoureuse.
Drop disparaît et Edge perd encore ce qui le rendait différent
Au même moment, Microsoft continue son grand rangement, option vide-grenier numérique. Après Collections et la Sidebar, Drop doit quitter Edge. Cette fonction permettait d’envoyer rapidement des fichiers, des liens ou des notes entre un ordinateur et un smartphone, via OneDrive. Elle avait pourtant quelques vrais avantages. Les fichiers n’étaient pas compressés, et Microsoft ne les supprimait pas automatiquement. Autrement dit, Drop n’était pas révolutionnaire, mais il faisait le travail sans transformer chaque transfert en mini projet informatique.
La disparition n’est pas totalement brutale. Les fichiers déjà envoyés resteront disponibles dans OneDrive. En revanche, les notes textuelles devront être téléchargées manuellement, faute de quoi elles seront effacées. Microsoft prévient déjà les utilisateurs dans Edge Canary, sa version de test. La citation repérée est sans détour, « Collections is no longer available », et l’ambiance générale n’est pas vraiment à la fête.
Ainsi, Edge se simplifie, mais perd aussi ses aspérités. Collections aidait à organiser des recherches. La Sidebar donnait accès à des mini-apps. Drop liait les appareils sans friction. Enfin, tout cela s’efface pendant que Copilot prend plus de place, sous l’autorité de Microsoft AI. Résultat, Microsoft Edge devient plus accueillant pour les utilisateurs de Google, mais moins distinctif pour les autres. C’est peut-être malin. C’est aussi un peu triste.
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