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Microsoft alerte sur un effondrement du cloud : voici pourquoi

L’âge d’or du cloud est-il déjà révolu ? Les trois leaders du marché, Microsoft, Amazon et Google, annoncent une baisse de croissance pour le troisième trimestre 2022. Un premier coup d’arrêt qui provoque la panique des investisseurs…

Après des années de croissance luxuriante, le glas du ralentissement semble avoir sonné pour le cloud. Le mardi 25 octobre 2022, Microsoft a annoncé que sa division Azure connaîtrait une croissance plus faible que prévu pour ce trimestre.

Le même jour, Alphabet a également annoncé une baisse de croissance pour la Google Cloud Platform. Elle a crû de 44% au troisième trimestre 2022 contre 37% à la même période l’an dernier.

pcloud black friday 2022

De son côté, Amazon devrait annoncer une hausse de 33% pour AWS lors de l’annonce des résultats le 27 octobre 2022. Ceci représenterait également une baisse par rapport aux 39% de croissance enregistrés au même trimestre l’an passé.

Pourquoi le nuage se dissipe ?

Selon l’analyste Bren Bracelin de Piper Sandler, « nous constatons une pression budgétaire sur les entreprises ». Alors quelle est la cause ? Aux dires de cet expert, « nous ne dirions certainement pas que le logiciel d’entreprise et le cloud sont immunisés contre la macro-économie et nous commençons à voir des fissures ».

Par ailleurs, rappelons que le cloud a connu une croissance explosive au cours de la pandémie. La généralisation du télétravail et l’augmentation de consommation du numérique liée aux confinements ont provoqué son essor.

Ce ralentissement indique que les entreprises des différents secteurs commencent à réduire leurs budgets et cherchent à faire des économies en cette période d’inflation record. Face à la hausse des taux d’intérêt et à la menace d’une récession, l’heure semble à la peur. Les géants de la tech en sont les victimes directes.

La fin des réjouissances pour les GAFAM

Les services cloud évitent aux entreprises d’avoir à acheter leurs propres logiciels ou à gérer leurs serveurs, en leur permettant d’exploiter les ressources informatiques des fournisseurs via le web.

Le modèle économique adopté par Amazon, Google et Microsoft permet aussi de faire des économies. Les clients payent uniquement pour les ressources utilisées via les services cloud.

Parmi les nombreux fournisseurs de cloud, Amazon et Microsoft sont les deux principaux leaders. Au deuxième trimestre 2022, Amazon détenait 34% du marché mondial et Microsoft 21%. De son côté, Google accapare 10% du marché.

Or, même ce faible pourcentage suffit à faire les beaux jours du géant californien. Pour cause, les marges du cloud sont incroyablement élevées. Microsoft rapporte 73% de marges sur son segment cloud au deuxième trimestre, et AWS 29%.

Ces nombres astronomiques ont convaincu les investisseurs de miser sur Amazon et Microsoft, avant et pendant la pandémie. Malheureusement, il semble que la promesse d’une croissance continue s’efface.

Selon l’analyste Rishi Jaluria de RBC Capital Markets, « il s’agit très clairement d’une incertitude macro. Personne ne sera immunisé contre ça, pas même un gorille de 360 kilos comme Microsoft ».

La fête est finie, et les investisseurs ont déjà commencé à paniquer. Les actions Microsoft ont chuté de 6% le 26 octobre, celles d’Amazon de 3,8% et celles d’Alphabet de 7,8%. Toutefois, la maison-mère de Google est aussi impactée par les faibles chiffres de vente de pubs YouTube.

Vers un retour en force ?

Même si les revenus diminuent, le marché du cloud pourrait revenir en force. Lorsque l’économie retrouvera des couleurs, les divisions cloud des GAFAM pourraient revenir aux mêmes niveaux de croissance qu’avant la crise.

En particulier, Microsoft pourrait rapidement regagner le chemin de la croissance. Selon Rishi Jaluria, « Microsoft a la capacité de consolider les budgets. De nombreuses entreprises utilisent 100 différents vendeurs de logiciels ou même 1000 différentes applications en SaaS ».

En convainquant les entreprises qu’il peut offrir les mêmes applications via le cloud à moindre coût, Microsoft pourrait les inciter à adopter les services Azure.

Pour l’heure, toutefois, impossible de prédire quand le vent tournera. Nul ne sait quand la crise économique se terminera, et l’hiver du cloud semble bien parti pour durer

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