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Solana : tout savoir sur la blockchain rivale d’Ethereum choisie par Google Cloud

Solana est une blockchain considérée comme la principale rivale de l’Ethereum. C’est la première chaîne de bloc à avoir adopté le système de validation « proof-of-history » (PoH), permettant d’accélérer le traitement des transactions et de réduire les frais. Découvrez tout ce que vous devez savoir sur cette blockchain soutenue par Google Cloud, et son token de cryptomonnaie SOL.

Au sud de la Californie, dans le comté de San Diego, se trouve la petite ville côtière de Solana Beach. Inspiré par ce coin de paradis, le développeur Anatoly Yakovenko a commencé à créer sa blockchain Solana en 2017 et l’a lancée en mars 2020.

L’ancien cadre de Qualcomm a conçu cette chaîne de blocs pour qu’elle fonctionne de façon similaire à l’Ethereum, tout en apportant des améliorations. Cette blockchain innovante est rapidement devenue populaire, et s’est hissée dans le top 10 des cryptomonnaies.

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Qu’est-ce que Solana ?

Solana est un projet open source hautement fonctionnel implémentant une nouvelle blockchain layer-1 à haute vitesse et permissionless. Son but est d’offrir un débit supérieur aux autres blockchains populaires, tout en gardant les coûts aussi bas que possible.

Son modèle de consensus hybride innovant combine un algorithme PoH (proof-of-history) unique et un moteur de synchronisation extrêmement rapide basé sur proof-of-stake (PoS). C’est ce qui permet au réseau Solana de traiter plus de 710 000 transactions par seconde sans avoir besoin de solution de scaling.

L’architecture blockchain de troisième génération de Solana est conçue pour faciliter la création de « smart contracts » et d’application décentralisée (DApp). Ce projet soutient un large éventail de plateformes de finance décentralisée (DeFi) et de marketplaces de NFT.

Financée pendant le « boom » des ICO (initial coin offerings) de 2017, la blockchain a ensuite été testée pendant de multiples phases avant le lancement officiel du réseau principal en 2020.

Qu’est-ce qui rend Solana unique ?

Selon Vitalik Buterin, le créateur d’Ethereum, l’un des principaux problèmes des blockchains est le « trilemma ». Il s’agit d’un ensemble de trois obstacles auxquels se heurtent les développeurs en construisant des blockchains : la décentralisation, la sécurité et l’extensibilité.

De manière générale, les blockchains sont conçus de telle façon qu’elles forcent les développeurs à sacrifier l’un de ces aspects en faveur des deux autres. Elles ne peuvent fournir que deux de ces trois avantages.

L’extensibilité augmente avec le nombre de transactions par seconde pouvant être prises en charge, mais la décentralisation ralentit les blockchains à cause du nombre de noeuds requis pour vérifier les transactions.

De son côté, la blockchain Solana propose un mécanisme de consensus hybride. Le compromis est effectué sur la décentralisation, pour maximiser la vitesse. Cette combinaison innovante de PoS et PoH rend le projet Solana unique dans l’industrie de la blockchain.

Le design de Solana résout le problème du trilemma en choisissant un noeud leader basé sur le mécanisme de PoS, afin de séquencer les messages. Le réseau réduit la charge de travail et permet donc un débit accru sans source centralisée.

En outre, une chaîne de transactions est créée en hashant le résultat d’une transaction et en l’utilisant comme entrée pour la transaction suivante. Cet historique de transaction est ce qui donne son nom au principal mécanisme de consensus de Solana : PoH. Ce concept permet une meilleure extensibilité du protocole.

Comment fonctionne Solana ?

Le composant principal du protocole Solana est le « proof-of-history » : une séquence de calculs fournissant un enregistrement numérique pour confirmer qu’un événement est survenu sur le réseau.

On peut le représenter comme une horloge cryptographique, conférant un horodatage pour chaque transaction sur le réseau. Cet horodatage s’accompagne d’une structure de données.

Le PoH repose sur le PoS en utilisant l’algorithme Tower BFT : une version optimisée du protocole de tolérance pratique aux erreurs byzantines. Solana utilise cet algorithme pour atteindre un consensus. Le Tower BFT préserve la sécurité et le fonctionnement du réseau, et fait office d’outil additionnel pour valider les transactions.

Le PoH peut aussi être considéré comme une Verifiable Delay Function (VDF) à haute fréquence pour produire des résultats fiables et uniques. Cette fonction maintient l’ordre sur le réseau en prouvant que les producteurs de blocs ont patienté suffisamment pour que le réseau poursuive le processus.

L’algorithme de hachage à 256 bits SHA-256 est utilisé par Solana, et regroupe un jeu de fonctions cryptographiques propriétaires. Le réseau fournit ainsi des données en temps réel en fonction du jeu de hashes inclus sur les unités de traitement central.

Les validateurs Solana utilisent cette séquence de hashes pour enregistrer un morceau de données spécifique, créé avant la génération de l’index de hash spécifique. L’horodatage pour les transactions est créé après l’insertion de cet extrait de données.

Afin de minimiser le temps de création de blocs et d’atteindre un nombre élevé de transactions par seconde, tous les noeuds du réseau doivent avoir des horloges cryptographiques pour garder traces des événements plutôt que d’attendre la vérification des transactions par les autres validateurs.

L’histoire de Solana

Avant Solana, Yakovenko a travaillé dans la conception de systèmes distribués, au sein de grandes entreprises telles que Qualcomm. Cette expérience lui a permis de comprendre l’importance d’un horodatage fiable pour simplifier la synchronisation de réseau.

L’expert a très vite compris que l’usage du Proof-of-History (PoH) permettrait d’accélérer la blockchain par rapport à celles sans horloge comme Bitcoin et Ethereum. Ces systèmes ne pouvaient s’étendre au-delà de 15 transactions par seconde à l’échelle mondiale, alors même qu’un système centralisé comme Visa peut atteindre 65 000 TPS.

Après avoir commencé par une implémentation sur une base de code privée en langage C, Yakovenko suivit le conseil de son ancien collègue de Qualcomm Greg Fitzgerald et migra la base de code vers le langage Rust.

En février 2018, Fitzgerald commença le prototypage de la première implémentation open source du livre blanc de Yakovenko et s’occupa de la première relaxe du projet. Il démontra que 10 000 transactions signées pouvaient être vérifiées et traitées en une demi-seconde.

Peu après, Stephen Akridge, autre collègue de Qualcomm, prouva que ce débit pouvait être massivement amélioré en déléguant la vérification de signature à des cartes graphiques.

Yakovenko recruta Fitzgerald et Akridge et trois autres personnes pour co-fonder l’entreprise Loom. Pour éviter la confusion avec un projet du même nom basé sur Ethereum, le projet fut ensuite renommé Solana en référence à leur ville d’habitation lorsqu’ils travaillaient chez Qualcomm.

En juin 2018, le projet s’étendit pour fonctionner sur des réseaux basés cloud. Un mois plus tard, la firme publia un réseau de test public à 50 noeuds capables de supporter 250 000 transactions par seconde. Quatre ans plus tard, fin 2022, Solana a traité plus de 100 milliards de transactions à un coût moyen de 0,00025 dollar par transaction.

Le token Solana (SOL)

Le nombre total de tokens Solana peut atteindre 511 millions, mais on en compte environ la moitié en circulation à l’heure actuelle. Près de 60% des tokens SOL sont contrôlés par les fondateurs de Solana et la Solana Foundation, et seuls 38% sont réservés pour la communauté.

Les tokens SOL sont disponibles à l’achat sur la plupart des exchanges. Les principales plateformes utilisées pour le trading de cette cryptomonnaie sont Binance, Coinbase, KuCoin et Huobi.

Solana vs Ethereum

Solana reçoit souvent des éloges pour sa vitesse et sa performance. On le considère même comme un rival légitime pour les leaders de l’industrie comme Ethereum.

En termes de vitesse de traitement, Solana peut défier Ethereum avec une vitesse maximale estimée à plus de 50 000 transactions par seconde. Les différents algorithmes de consensus utilisés permettent d’accélérer la confirmation de transaction, et cette fonctionnalité fait de Solana l’une des blockchains les plus rapides.

En comparaison, l’ancien modèle « proof-of-work » d’Ethereum ne pouvait prendre en charge que 15 transactions par seconde. Solana est donc plusieurs milliers de fois plus rapide, et présente aussi l’avantage d’un coût réduit grâce à l’implémentation de nouvelles « tokenomics » à moindre coût.

Notons aussi que la blockchain Solana est bien plus écologique et durable que les autres blockchains PoS. C’est un point fort face à Ethereum dont le modèle PoW nécessitait une puissance de calcul phénoménale.

Toutefois, suite à The Merge, Ethereum utilise désormais le PoS. L’Ethereum 2.0 peut donc rivaliser avec Solana en termes de productivité, d’extensibilité, de consommation d’énergie et de frais de transactions.

Google Cloud partenaire de Solana

En novembre 2022, Google Cloud a annoncé travailler sur plusieurs projets liés à l’écosystème Solana. Le fournisseur de cloud public est désormais validateur de la blockchain Solana, afin de soutenir ce réseau.

De plus, Solana sera désormais propulsé par le nouveau service Blockchain Node Engine de Google Cloud : un service d’hébergement de noeuds entièrement géré conçu pour les entreprises Web3.

Les équipes DevOps n’auront donc plus à se soucier de la disponibilité de l’infrastructure blockchain, et n’auront plus besoin de surveiller le système et de régler les problèmes en cas de panne. Google Cloud se charge de surveiller les noeuds et les redémarre au besoin en cas de panne. Le rival de Solana, Ethereum, sera toutefois la première blockchain prise en charge par ce service.

En outre, Google Cloud annonce que son service d’analyse big data, BigQuery, sera compatible Solana à partir de 2023. Les données historiques seront indexées, pour permettre aux développeurs de l’écosystème Solana d’y accéder.

Les points faibles de Solana

Comme toutes les autres blockchains et cryptomonnaies, Solana présente aussi des inconvénients. Même si cette blockchain peut rivaliser avec les projets les plus renommés, elle est vulnérable à la centralisation puisqu’il n’y a pas beaucoup de validateurs de blocs.

N’importe qui sur le réseau peut devenir validateur Solana, mais ceci requiert d’importantes ressources informatiques. De plus, le protocole est toujours présenté comme une version beta du réseau principal. Il peut donc y avoir des bugs et des erreurs.

Malgré ces points faibles, Solana reste l’un des principaux écosystèmes du monde de la crypto et semble promis à un avenir radieux. Son token lancé en mars 2020 est rapidement devenu l’une des 10 principales cryptomonnaies en capitalisation.

Le hack de Solana

Le 2 août 2022, l’écosystème Solana a subi un piratage. Les experts présument qu’une clé privée a été compromise, permettant aux hackers de dérober des tokens Solana (SOL) en provenance de Slope, Phantom et TrustWallet. Les victimes ont signalé que leurs fonds ont été directement drainés depuis leurs portefeuilles crypto.

Le compte Twitter officiel Solana Status de la Solana Foundation s’est exprimé sur cet incident, indiquant que « les adresses impactées ont été créées, importées ou utilisées sur les applications de portefeuille mobile Slope. Cette exploit a été isolée à un portefeuille sur Solana, et les wallets hardware utilisés par Slope restent sécurisés ».

En revanche, les détails sur la façon dont cet incident est survenu restent drapés de mystère. La fondation précise que les informations ont été transmises par inadvertance à un service de monitoring d’application. Les estimations varient, mais on estime que près de 6 millions de dollars d’actifs ont été volés.

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