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L’UE met 400K € pour un gala dans le métavers : c’est un désastre

L’Union européenne a dépensé 387 000 euros pour créer un métavers, et a organisé une grande fête virtuelle pour célébrer son lancement. Le hic ? Seules 6 personnes se sont connectées à l’événement. Récit d’un fiasco.

Depuis plusieurs mois, le métavers fait les gros titres et attire l’attention des entreprises et des pouvoirs publics. Les géants industriels investissent des millions d’euros, les agences marketing emploient le terme à toutes les sauces, et même les politiciens l’évoquent dans leurs campagnes électorales.

Toutefois, le grand public ne semble pour l’instant pas s’emballer pour cette nouvelle technologie. Pour la plupart des gens, le concept même du métavers paraît encore flou comme le souligne le CEO d’Apple. Ce paradoxe vient d’être confirmé par le fiasco complet d’un gala numérique organisé par l’Union européenne…

Lancé mi-octobre 2022 par l’UE, le métavers Global Gateway est conçu pour devenir un « espace numérique partagé » au sein duquel les citoyens européens pourront se réunir et « réfléchir aux problèmes mondiaux pour faire une différence dans notre futur partagé » selon le compte Twitter de l’UE intitulé International Partnerships (partenariats internationaux).

Un projet déconnecté de la réalité

Au total, le département d’aide internationale de la Commission européenne a dépensé 387 000 euros pour développer ce monde virtuel. C’est ce que révèle le journaliste Vincent Chadwick dans son rapport publié sur le site web Devex.

Comme souvent lorsqu’il est question du métavers, les mots employés sont forts et grandiloquents. Toutefois, en se connectant à la grande fête organisée par l’UE pour célébrer le lancement de la plateforme, Chadwick s’est retrouvé presque seul. Seules 6 personnes ont participé à l’événement

En réalité, cette idée fantaisiste a aussi fait grincer des dents en interne. Sous couvert d’anonymat, un employé du département des aides internationales a révélé à Chadwick qu’il trouve ce projet « déprimant et embarrassant ». Un autre l’a tout bonnement qualifié de « déchet numérique ».

Sur les réseaux sociaux non plus, cette initiative ne fait pas l’unanimité. En réponse au tweet officiel de l’UE, une chercheuse en agriculture durable déplore ce choix d’investissement massif à l’heure où la sécheresse meurtrit l’Afrique de l’Est et où les Nations Unies n’ont pas assez de nourriture pour les camps de réfugiés.

Quand métavers rime avec poussière

Interrogé par Devex, un porte-parole de l’UE explique que l’audience ciblée pour ce projet de métavers Global Gateway englobe les personnes de 18 à 35 ans utilisant TikTok et Instagram et « s’identifiant comme neutres au sujet de l’UE et n’étant pas particulièrement engagées par les problèmes politiques ».

L’objectif est d’attirer ces jeunes gens par le biais des réseaux sociaux et de « les encourager à s’engager » et « d’accroître leur conscience de ce que l’UE fait sur la scène mondiale ».

Malheureusement, si l’idée de départ est louable, ce métavers est médiocre ne serait-ce que sur le plan technique. Les contrôles de caméra sont lourds, les avatars sont moches, les commandes ne fonctionnent pas et même la musique est nulle. Une fois de plus ce projet de « métavers » semble totalement archaïque et déconnecté de l’audience ciblée…

En voulant attirer les jeunes avec un « métavers », l’UE se casse les dents en dépensant des millions d’euros dans un environnement virtuel digne des MMORPG du début des années 2000.

Ceci confirme un vaste décalage entre le traitement médiatique du métavers et l’intérêt que lui porte le grand public, au même titre que l’application Horizon Worlds de Meta et Mark Zuckerberg ridiculisée par les internautes

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