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Web3 : tout savoir sur l’internet de 3ème génération, basé sur la blockchain et le métavers

Web3 est l’internet de troisième génération, basé sur les nouvelles technologies comme la Blockchain et le métavers. Son principal avantage est la décentralisation, à l’inverse du web actuel dominé par les GAFAM. Découvrez tout ce que vous devez savoir sur cette révolution… 

Les temps ont changé depuis l’invention d’internet. Aux yeux de nombreux experts, il est temps de mettre en place un nouveau modèle. Le terme  » Web3  » fait référence à la troisième génération de la toile.

Qu’est-ce que Web3 ?

Le terme de Web3 fait référence à une potentielle nouvelle itération d’internet, basé sur la blockchain publique. Pour rappel, la technologie de blockchain est notamment connue grâce aux cryptomonnaies.

L’avantage du Web3 serait sa décentralisation. Plutôt que d’accéder à internet via les services de géants comme Apple, Google ou Facebook, les individus pourraient contrôler et posséder eux-mêmes la toile.

L’autorité centrale des GAFAM ne serait plus nécessaire pour déterminer qui peut utiliser quels services. Il n’y aurait plus non plus d’intermédiaire pour les transactions. La confidentialité des internautes serait mieux protégée, car ces intermédiaires et les autorités sont à la source d’une majeure partie de la collection des données.

L’un des éléments du Web3 attirant beaucoup l’attention est la finance décentralisée ou  » DeFi « . Il s’agit de mener des transactions financières sur la blockchain dans le monde réel, sans l’assistance des banques ou du gouvernement.

Toutefois, plusieurs grandes entreprises et investisseurs placent déjà de larges sommes dans le Web3. On peut donc craindre une forme de pouvoir centralisé régnant malgré tout sur cette nouvelle version d’internet.

L’histoire de Web3

Avant Web3, il y a eu Web1 et Web 2 (aussi appelée Web 2.0). Le Web1 couvre les années 1990 et le début des années 2000, durant lesquelles internet était décentralisé et basé sur des protocoles open source.

À l’époque, il était fréquent de voir des pages statiques, des sites web avec lesquels il n’était pas vraiment possible d’interagir, et qui n’étaient pas mis à jour régulièrement.

Le Web2 couvre toute la période allant du début des années 2000 à aujourd’hui. Cette période est caractérisée par l’hégémonie des entreprises du Big Tech sur les principaux hubs de l’activité internet.

C’est également l’essor des réseaux sociaux, et du contenu généré par les internautes sur des plateformes telles que YouTube et Facebook. À l’âge du Web2, la consommation passive a laissé place à la participation active sur internet.

Le terme de Web3 ou Web 3.0 fut inventé par Gavin Wood en 2014. Cet homme a notamment contribué au développement de l’Ethereum, considéré comme la seconde cryptomonnaie la plus importante après le Bitcoin.

Il gère désormais la Web3 Foundation, soutenant des projets de technologie décentralisée. Il dirige aussi l’entreprise Parity Technologies, dont l’objectif est de développer une infrastructure blockchain pour Web3.

Quel rapport avec la cryptomonnaie ?

Les cryptomonnaies, les NFT et autres entités basées sur la blockchain occuperont une place centrale sur le Web3. Par exemple, Reddit veut mettre en place un système de tokens de cryptomonnaies permettant aux utilisateurs de détenir des portions des communautés dont ils font partie.

Ces tokens seraient des  » points de communauté «  obtenus en postant sur un subreddit. L’utilisateur gagnerait des points en fonction des votes positifs ou négatifs reçus par ses publications. Ainsi, les utilisateurs ayant apporté des contributions de qualité gagneraient une forme d’influence et de pouvoir de décisions au sein de leurs communautés.

Il ne s’agit là que d’un exemple de cas d’usage du concept de  » Decentralized Autonomous Organizations  » (DAO) ou organisations autonomes décentralisées. Les DAO sont au coeur du Web3 et utilisent des tokens pour rendre la propriété et le pouvoir de prise de décision plus équitables. Un autre exemple de DAO est la plateforme de paris décentralisée Augur.

Les NFT occupent aussi une place majeure sur le Web3. Chacun est unique, et peut être utilisé comme certificat de propriété d’objets virtuels comme des oeuvres d’art ou des vêtements pour votre avatar dans le multivers. On peut donc les définir comme des tokens de cryptomonnaies, à la différence qu’il est impossible de les interchanger.

Web3 et le metavers

Le métavers fait référence au futur d’internet : un monde en réalité virtuelle au sein duquel les utilisateurs peuvent interagir. Ce concept se développe à une vitesse fulgurante, et les géants de la technologie investissent massivement. À tel point que Facebook a récemment changé de nom pour devenir  » Meta « .

Or, Web3 pourrait servir d’incubateur au métavers basé sur la blockchain et sur des standards ouverts. Cet univers virtuel reposerait sur un réseau d’ordinateurs autour du monde, plutôt que sur une poignée de grandes entreprises.

Le NFT pourrait quant à lui faciliter le commerce d’objets dans la réalité virtuelle. Il empêcherait aussi de placer des limites au métavers. En octobre 2021, Mark Zuckerberg a lui-même affirmé dans une lettre publique que le métavers ne serait pas  » créé par une entreprise  » et qu’il établirait  » une économie créative plus large que celle limitée par les plateformes actuelles et leurs règles « .

Comment s’explique la  » hype  » autour du Web3 ?

Pour l’heure, le Web3 intéresse principalement la communauté de la cryptomonnaie. Cette dernière profiterait largement d’un internet basé sur la blockchain.

Toutefois, le buzz autour du Web3 est aussi lié à l’investissement d’entreprises de renom comme Reddit. Ces entreprises développent des services et des plateformes Web3 pour prendre une longueur d’avance, et attirent donc l’attention sur cette innovation.

Fin octobre 2021, GameStop a publié une annonce pour recruter un  » directeur du gaming Web3  » et des ingénieurs logiciel pour une nouvelle plateforme NFT. Le Web3 pourrait transformer le secteur du jeu vidéo, par exemple en permettant aux joueurs d’acheter et de vendre des objets virtuels dans les jeux ou de gagner des tokens leur donnant plus de pouvoir sur l’évolution de leurs jeux préférés.

De même, la firme d’investissement Andressen Horowitz s’intéresse de près au Web3. Début octobre, l’entreprise a envoyé des cadres au Capitol Hil et à la Maison Blanche pour promouvoir Web3 comme une solution pour la consolidation de la Silicon Valley et proposer des régulations pour cet écosystème émergent.

De même, Twitter travaille sur le projet Bluesky : une plateforme de réseau social décentralisé qui représenterait un grand pas en avant vers Web3. En novembre 2021, la firme américaine a aussi annoncé le lancement d’une équipe crypto entièrement dédiée à la blockchain et à Web3.

https://www.youtube.com/watch?v=4EKnOfR0EBQ

Les détracteurs du Web3

Néanmoins, le Web3 a aussi ses détracteurs. Le célèbre CEO de Tesla, Elon Musk, estime qu’il s’agit d’un simple effet de mode.

De même, Niels Ten Oever de l’Université d’Amsterdam estime que  » Web3 introduit une friction, sans résoudre de vrai problème « . Les sceptiques estiment que les promesses du Web3 comme l’architecture distribuée et la décentralisation seront plus simples à atteindre sans la blockchain.

Toujours selon Ten Oever, «  si vous créez une architecture distribuée sur une infrastructure centralisée, vous ne décentralisez pas soudainement l’infrastructure « . Ainsi, même si l’infrastructure est théoriquement décentralisée, en pratique, la plupart de l’internet repose toujours sur des serveurs hébergés par une poignée d’entreprises comme Amazon.

Google a également préféré éviter de se ruer sur le Web3. Alors que la firme est habituée à suivre les tendances, comme les lunettes VR / AR, les chatbots ou les réseaux sociaux, elle a choisi de se montrer plus prudente concernant cette innovation.

Contrairement à Meta et Twitter, Google n’a pas de division crypto. Elle n’accepte pas les paiements en cryptomonnaie pour la publicité, sa boutique d’applications ou ses services. Jusqu’à récemment, la firme avait même interdit plusieurs catégories de pubs pour les cryptomonnaies. Elle ne s’est jamais lancée dans les NFT.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette réticence. On peut penser que Google n’a pas d’intérêt à promouvoir un web décentralisé, alors qu’il règne actuellement sur internet aux côtés de Facebook et Amazon. La publicité, première source de revenus du Big G, n’aurait sans doute plus sa place sur le Web3. Il reste toutefois possible que Google attende le véritable essor de cette nouvelle forme d’internet pour y investir massivement.

Même les plus fervents partisans du Web3 sont conscients que de nombreuses personnes tenteront de surfer sur cette mode pour lancer des arnaques et des escroqueries. Ce phénomène survient à chaque nouvelle technologie…

Jack Dorsey accuse les investisseurs de détenir le Web3

Le 21 décembre 2021, le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, a émis des critiques à propos du Web3 sur son réseau social. Ses propos ont agacé les défenseurs de cette nouvelle technologie.

Selon lui, contrairement aux belles promesses initiales de décentralisation, les internautes ne détiennent pas le Web3. En réalité, il estime que ce sont les firmes d’investissement comme Andreessen Horowitz qui contrôleront la troisième ère d’internet. Cette dernière a dépensé plus de 3 milliards de dollars dans ce domaine émergent, parallèlement à plusieurs dizaines d’entreprises de cryptomonnaie comme OpenSea et CryptoKitties.

En outre, Jack Dorsey reproche au Wall Street Journal de l’avoir utilisé comme exemple dans un article sur les fans du Web3. Il affirme  » ne rien avoir à faire avec Web3 «  et accuse le journal d’avoir utilisé son nom pour générer des clics.

Ces critiques sont loins d’être infondées. Il existe un risque que ce nouveau système centralise le pouvoir autour de certaines personnes et certains groupes, qu’il s’agisse de précurseurs ou d’investisseurs.

On constate ce phénomène avec les NFT. Les privilégiés ayant eu la chance d’acheter de l’Ethereum suffisamment tôt on pu acheter un Bored Ape, puis acheter un NFT Adidas dont la valeur a triplé depuis son lancement. Le pouvoir demeure donc centralisé.

Suite à ces critiques, Marc Andreessen a tout bonnement décidé de bloquer Jack Dorsey sur Twitter. Celui-ci a alors déclaré être «  banni du Web3 « , soulignant à nouveau l’emprise des investisseurs sur ce nouvel internet.

D’autres personnalités se sont opposés au constat de Jack Dorsey. L’ancien CTO de Coinbase, Balaji Srinivasan, a expliqué que Web3 offre  » la possibilité, non la garantie, de quelquechose de meilleur « . Il a également noté que Twitter avait lui même trahi ses promesses initiales de liberté d’expression par intérêt.

Elon Musk : le Web3 est  » plutôt du marketing que la réalité « 

Tout comme Jack Dorsey, Elon Musk émet des réserves concernant Web3. Dans une interview accordée à Babylon Bee, le CEO de Tesla et SpaceX estime que le Web3 est «  plutôt du marketing que la réalité « .

Il ne comprend pas la hype autour de ce nouveau concept, et admet être possiblement  » trop vieux «  en se comparant aux personnes qui ne perçevaient pas l’intérêt ou le potentiel d’internet en 1995.

En outre, Elon Musk ne voit pas de cas d’usage pertinent pour le métavers. Il estime que la VR offre une expérience décevante pour les utilisateurs.

Le 20 décembre 2021, Musk a partagé sur Twitter une vidéo TikTok d’une interview datée de 1995 entre Bill Gates et David Letterman au sujet d’internet. Il a ajouté en légende la question :  » compte tenu de la nature presque inimaginable du présent, que sera le futur ? « .

Le lendemain, le CEO de Tesla a également demandé si «  quelqu’un a vu Web3 ? Je ne peux pas le trouver « . Là encore, cette question ironique a provoqué l’ire de nombreux internautes.

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