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Emmanuel Macron va interdire l’anonymat sur internet. Quelles conséquences ?

Emmanuel Macron veut interdire l’anonymat sur internet. Faut-il craindre la fin des pseudonymes et de la liberté d’expression sur le web et les réseaux sociaux ?

Internet est un espace de communication, où les idées peuvent être exprimées librement. Toutefois, cette liberté d’expression n’est pas du goût de tous.

Une partie des élites semble bien décidée à y mettre fin. À l’heure actuelle, Elon Musk tente d’acheter Twitter au nom de la liberté d’expression. Or, l’Arabie saoudite veut à tout prix empêcher ce rachat.

En Chine, en Russie, et dans beaucoup d’autres pays, le web est déjà largement contrôlé par le gouvernement. Toutefois, nul besoin d’aller si loin pour trouver des dirigeants opposés à l’internet libre.

Le 12 avril 2022, dans une interview accordée au Point, Emmanuel Macron s’est prononcé contre l’anonymat en ligne. Interrogé sur le sujet des réseaux sociaux, il déclare que «  dans une société démocratique, il ne devrait pas y avoir d’anonymat « .

Un simple malentendu, selon BFM TV

La déclaration d’Emmanuel Macron a beaucoup fait réagir les internautes. Toutefois, selon BFMTV, la position du président a été mal interprétée.

Suite à sa phrase, de nombreux internautes ont pensé qu’il compte supprimer le pseudonymat. Il ne s’agit a priori pas de cela, et nous pourrons continuer à utiliser n’importe quel surnom en naviguant sur la toile.

En revanche, le Président compte interdire de naviguer sur le web de manière intraçable. En théorie, l’anonymat est déjà interdit puisque les autorités ont le droit de remonter à l’identité réelle d’un internaute grâce à son adresse IP.

Il suffit de récolter cette adresse IP auprès des plateformes y ayant accès comme les réseaux sociaux, puis de demander au fournisseur d’accès internet de fournir le nom et le prénom associés.

Il existe cependant des outils et techniques permettant de naviguer de façon intraçable, comme les VPN, le navigateur Tor ou les messageries chiffrées comme Telegram. Ce sont ces outils que Macron veut interdire.

Forcer les réseaux sociaux à fournir nos données ?

Le député Éric Bothorel a confirmé au média qu’il n’y a  » aucune volonté de mettre fin à l’anonymat en ligne, car il n’y a pas d’anonymat en ligne « . Selon lui,  » ce qui est en jeu, c’est la collaboration des plateformes pour livrer ces données, par exemple en cas de propos haineux « .

L’objectif du gouvernement Macron serait donc de contraindre les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram ou autres sites web et forums à livrer les données sur demande des autorités. Il existe déjà un recours permettant aux autorités de réclamer les données d’un utilisateur, mais seules les demandes liées à des faits graves sont acceptées par les plateformes.

La fin des pseudonymes

Malgré les explications fournies par BFM TV et les propos du député Éric Bothorel, les propos d’Emmanuel Macron semblent bel et bien cibler le pseudonymat.

Dans le même entretien accordé au Point, il déplorait aussi que des gens « s’autorisent, car ils sont encagoulés derrière un pseudo, à dire les pires abjections« . Cette formulation laisse peu de place au doute concernant les véritables intentions de Président.

Déjà en janvier 2019, dans le cadre du « grand débat national », il exprimait sa volonté d’aller « vers une levée progressive de toute forme d’anonymat« .

Une aberration pour la confidentialité des données

La suppression du pseudonymat impliquerait une obligation de révéler sa véritable identité aux sites web et réseaux sociaux, y compris ceux détenus par les GAFAM ou les géants chinois de la tech.

Il serait donc nécessaire de fournir une pièce d’identité ou des données biométriques pour confirmer son identité à tous les sites web visités. Un tel changement représenterait un vrai désastre pour la confidentialité des données.

Depuis de nombreuses années, des activistes et des associations militent contre la capture massive de nos données personnelles par les GAFAM. L’Union européenne a adopté le RGPD en 2018, pour contraindre les entreprises à protéger ces informations sensibles sur ces citoyens.

En France, depuis sa création en 1978, la CNIL lutte pour protéger le droit à la vie privée. Or, la levée de l’anonymat sur internet invaliderait des décennies d’effort et représenterait un profond recul social.

En revanche, la position d’Emmanuel Macron sur l’anonymat s’inscrit totalement dans la logique du World Economic Forum qui souhaite mettre en place un système d’identité numérique

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